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Moniteur-éducateur

Le moniteur-éducateur a un rôle d'animation, de prévention et d'éducation auprès de personnes en difficulté : enfants, ados, adultes ou personnes âgées. Il est le bras droit de l'éducateur spécialisé, qui détient la responsabilité d'élaborer des projets.

Place et respect de l'intimité dans la prise en charge

Place et respect de l'intimité dans la prise en charge Voici quelques décennies que la conscience populaire tente, au travers du législateur, de cadrer l’attitude adéquate du travailleur social face au délicat thème de l’intimité dans les institutions sociales et médico-sociales. Tout intervenant du quotidien doit faire face dans ses pratiques guidées par l’éthique, tant professionnelle que personnelle, à cette impalpable composante de l’identité de l’individu qui échappe à tout jugement de valeur. En effet, on ne parle jamais de bonne ou mauvaise intimité au risque de voir la sienne évaluée, remise en cause. Que le public soit un enfant, un adolescent, un adulte, en situation de handicap ou de détresse sociale, le moniteur éducateur est forcément touché par la dimension intime de la relation humaine.

L’approche de la sphère intime dans le travail social nécessite tact et prudence. Approcher sans garde-fous ni outils l’intimité des enfants serait allé à contresens des évolutions notoires que le statut de ce dernier a connu, notamment par la ratification le 26 janvier 1989 de la Convention internationale des Droits de l’Enfant. La part de responsabilité attribuée par le cadre législatif aux institutions sociales et médico sociales dans la mise en œuvre des droits de l’usager, accentue l’orientation publique de la sphère privée. Il arrive de voir aujourd’hui une institution se servir de ce souci d’épanouissement de l’enfant au travers de son placement comme d’une vitrine comme d’autres font la preuve que la qualité de la prise en charge est l’objet d’une démarche. La difficulté reste entière pourtant de combiner collectivité et intimité au quotidien. Ma pratique professionnelle, que ce soit en Maison d’Enfants à Caractère Social ou en Institut Médico Educatif m’a conduit à m’interroger sur l’attitude adéquate, sur le geste le plus juste, sur le positionnement qui me correspondait le mieux. Les recherches que j’ai menées pour répondre à cette problématique m’ont amené à découvrir plusieurs choses.
Catégorie: Mémoire Moniteur-éducateur
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L'enfant et le jeu
J’ai observé que c’étaient des enfants qui partageaient peu entre eux et avec les adultes, qui ne savaient pas se « poser », se détendre pour parler ou jouer calmement sans que le ton monte et que de ce fait la violence verbale ou physique apparaisse rapidement. Il fallait qu’ils rentrent en confrontation les uns avec les autres et que ce fût dans la confrontation qu’ils s’acceptaient. Par exemple, dès que nous descendions à la cave pour jouer au tennis de table, un climat de compétition s’installait entre eux. Chacun d’entre eux devenait un compétiteur, il fallait qu’il gagne absolument leur match pour pouvoir rejouer contre quelqu’un d’autre. Tout au long de la partie, il y avait discussion pour savoir si la balle était bonne ou pas, sur les points marqués et ils n’arrêtaient pas de « s’envoyer » des moqueries entre eux et même des insultes. Je pouvais percevoir que chacun d’entre eux cherchait à s’imposer aux autres en se donnant un statut, à s’octroyer un rôle dans le groupe. Dès lors, je me suis demandé si, le jeu, la mise en relation et l’interaction qu’il engendrait, n’était pas le meilleur moyen de structuration et de construction de l’enfant. Je me suis posé la question de savoir si le jeu ne serait pas un moyen de développer plusieurs aspects ; l’aspect cognitif sur le plan de la résolution de problème, d’élaboration de nouvelles stratégies dans le jeu, l’aspect langagier sur la plan de la communication, l’aspect social sur le plan de la socialisation et enfin l’aspect psychomoteur sur le plan de l’élargissement du répertoire moteur. Je me suis également interroger sur le fait que chacun se cherchait un rôle, un statut dans le groupe au-travers de leurs attitudes et de leurs comportements.
L'autorité et l'institution
Les problèmes d'autorité apparaissent comme liés à la société actuelle. Les médias, les hommes politiques, les travailleurs sociaux, les enseignants, les parents, etc... chacun s'interroge à ce sujet. L'autorité, la façon dont elle s'exprime, se reçoit et est reconnue, tout cela a évolué avec le temps et la société. Elle semble aujourd'hui être passée d'un cadre ultra rigide à quelque chose de plus malléable. Entre autoritarisme et laisser-faire, grande est la marge, comment trouver le juste milieu? A l’IDEF, j’ai constaté que l’autorité est une préoccupation du quotidien. En effet les jeunes accueillis n’ont pas forcément intériorisé les règles, parfois ils peuvent également les remettre en question et refuser de s’y soumettre. Le rôle de l’éducateur est de recadrer les enfants lorsque c’est nécessaire et de les aider à intérioriser les règles, ce qui ne se fait pas toujours sans mal.
Je suis sourd et ma tête est malade

Depuis quelques années, j’ai eu diverses expériences auprès de personnes handicapés de tous âges sur différents postes (animatrice, éducatrice scolaire, éducatrice non diplômée, etc). J’ai notamment participé pendant plusieurs années à des camps de vacances pour adultes handicapés mentaux. J’ai appris la langue des signes en 1995 et, par la suite j’ai travaillé essentiellement auprès d’enfants et d’adolescents sourds. Durant la formation, j’ai choisi d’effectuer mon stage long dans ce foyer. Cette structure accueille des personnes sourdes âgés de 20 à 59 ans avec des troubles associés. Je n’avais pas encore travaillé auprès de cette population. Cet établissement comprend un Centre d’Aide par le Travail ( C.A.T) et un foyer. Ce dernier se compose d’un groupe de 15 résidents mixte et d’une équipe éducative, comptant six éducatrices et un éducateur. Les résidents sont aussi des ouvriers du CAT. Dans cet établissement la langue des signes est reconnue comme élément structurant central de la prise en charge. Je dois préciser qu’il existe très peu d’établissements en France spécialisés dans l’accueil de personnes sourdes avec des troubles associés. Grâce à ce stage j’ai découvert rapidement qu’il fallait utiliser tous les outils de communication et les adapter pour pouvoir réussir à communiquer. De plus, j’ai rencontré des personnes sourdes souffrant de maladies mentales dans ce foyer. La communication avec ces derniers m’a interpellé. C’est pourquoi j’ai choisi de me pencher sur cette question de la communication auprès de ce type de population. D’autre part, « .. Je crois que la question de la communication doit toujours être présente en formation. Les gens qui se forment doivent pouvoir réfléchir, verbaliser, discuter sur la qualité de la communication .. » ( Sciences humaines, Martine Fournier, hors série n° 16, mars/avril 1997). En effet la communication est au centre de la relation éducative est c’est aussi pour cette raison que je me suis intéressée à ce sujet.

L'autonomie chez des adultes autistes et psychotiques.
L’acquisition d’une certaine autonomie passe par la liberté de prendre des initiatives individuelles. J’ai pu constaté que bien souvent les usagers qui prennent des initiatives individuelles se mettent en situation de danger. La tendance est alors d’éviter cette prise de risque en limitant les possibilités de prise d’initiative. Mais cette solution ne me parait pas satisfaisante car elle va à l’encontre du processus d’autonomisation qui est par ailleurs l’un des objectifs de l’établissement. Partant de ce constat je me suis posée la question suivante: Comment laisser la porte ouverte à l’initiative individuelle tout en garantissant la sécurité?

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