LeSocial Emploi Prepa Doc Formateque

Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Hébergement collectif et vivre-ensemble, bases d’un travail de réinsertion sociale auprès des adultes en situation d’exclusion sociale

Hébergement collectif et vivre-ensemble, bases d’un travail de réinsertion sociale auprès des adultes en situation d’exclusion sociale

J’ai donc choisi d’explorer l’action collective de l’éducateur auprès des adultes accueillis en CHRS. Par action collective, je n’entends pas le travail de groupe, mais un travail autour du vivre-ensemble, c’est-à-dire une cohabitation d’un ensemble d’individus. Mon hypothèse de travail est que ce vivre-ensemble crée un étayage à la personne, œuvrant en cela à sa réinsertion. Dans cette recherche, l’ouvrage qui a guidé ma réflexion a été écrit par Thierry Goguel d’Allondans et Myriam Klinger à propos de l’hospitalité comme forme d’accueil des adultes en difficulté sociale[1]. Le vivre-ensemble et l’hospitalité seraient alors les outils-clés de l’éducateur pour une action collective suffisamment étayante. C’est dans ce cadre que l’éducateur est un élément clé, jouant le rôle de médiateur entre la dimension collective du CHRS et l’expérience individuelle du résident, ce que nous chercherons à montrer dans cet écrit.

Pour vérifier ou infirmer ces hypothèses, j’ai développé la problématique suivante : En quoi l’hébergement collectif et le vivre-ensemble peuvent-il être un outil socio-éducatif auprès des personnes exclues accueillies en CHRS et la base d’un travail de réinsertion sociale ?

J’ai alors construit ce mémoire en trois parties, en m’intéressant successivement à chacun des acteurs de ce vivre-ensemble : le résident, l’établissement d’accueil et enfin l’éducateur. Peu à peu, j’ai voulu montrer en quoi la conjugaison de ces acteurs pouvait participer à la réinsertion. En première partie, je me suis intéressée au résident. Mais qui est la personne que nous accueillons ? J’ai utilisé différents angles, descriptifs et théoriques, pour voir ensuite quelle est la situation du résident par rapport au lien social et au vivre-ensemble. Ceci m’a menée à étudier le CHRS, pour voir quelles réponses il pouvait donner au résident. Après avoir étudié le contexte historique et légal, je me suis demandée quelle réalité se cachait derrière les termes si souvent utilisés « habiter » et « héberger ». Enfin, le dernier acteur, l’éducateur, fait l’objet d’une troisième partie, dans laquelle je décris les différentes modalités de son intervention.

[1] GOGUEL D’ALLONDANS Thierry, KLINGER Myriam, Errances et hospitalité. L’accueil et l’accompagnement d’adultes en difficulté La Cité-Relais à Strasbourg, Toulouse, Erès, collection Ethiss, 1991

...

Au terme de cette étude des trois différents acteurs œuvrant dans la réinsertion, on se rend compte que les murs, l’institution, et les résidents, ne s’adaptent pas forcément. Les personnes sont en souffrance, voire désocialisées, et le dispositif est artificiel et technique, ne leur offrant pas de possibilités suffisantes de mettre en œuvre leurs propres stratégies ou une reconstruction dans des conditions idéales. Alors comment créer de la cohésion entre murs et résidents ? L’emploi d’un ciment est essentiel : c’est l’éducateur qui va créer cette cohésion.

Son but, quel que soit son lieu d’intervention, est de donner à la personne la possibilité d’expérimenter et de donner les clés pour s’autonomiser. En effet, suite au parcours des résidents, ceux-ci n’ont plus vraiment confiance envers l’institution et envers eux-mêmes, l’éducateur essaie de leur transmettre cette confiance.

C’est donc bien par le vivre-ensemble que passe cette confiance et cette possibilité d’expérimenter dans une collectivité où le temps et l’espace sont laissés à la personne pour se p(au)ser. Mais par delà cette pause, l’éducateur invite aussi la personne  à s’ouvrir vers le collectif, l’accompagnant dans cette ouverture. Enfin, l’’éducateur œuvre à la citoyenneté, en travaillant autour de la participation au CVS, un travail qui n’est pas encore acquis.

L’éducateur est donc l’élément-clé, l’artisan du lien social devant néanmoins sans cesse se remettre en question, actualiser ses connaissances, et travailler en réseau pour que la connaissance, les expériences et les pratiques circulent.

Mais l’éducateur doit aussi lutter contre les courants actuels qui veulent techniciser les dispositifs, sans penser à la personne au milieu. Il doit œuvrer sans cesse à créer un collectif qui soit un étayage du lien social et non une simple réponse à la demande institutionnelle, c’est-à-dire placer les résidents dans un logement et un emploi, sans penser à la demande véritable de la personne.

Pour cela, l’éducateur doit trouver son équilibre entre l’individuel et le collectif. Là encore, seul, il ne peut pas faire beaucoup de choses, c’est avec l’équipe de l’établissement, mais aussi l’ensemble des éducateurs, que ce travail pourrait être fait. Collectivement unis au profit de la personne et de son projet de vie…

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
Licence

Chacun des éléments constituant le site SocioDoc.fr sont protégés par le droit d'auteur. Il est donc strictement interdit d'utiliser, reproduire ou représenter même partiellement, modifier, adapter, traduire, ou distribuer l'un quelconque des éléments.

En cochant la case ci-dessous, j'accepte les conditions générales d'utilisation de SocioDoc.fr.

Accepter le terme et la condition

Documents associés

L'écoute des femmes victimes de violence conjugale, base du travail éducatif.

« La violence la plus destructrice de l’âme est la violence exercée par celui qu’on aime » Dans le monde occidental comme dans la majorité des sociétés traditionnelles, le mari a longtemps été le chef de famille, disposant des pleins pouvoirs sur sa femme et ses enfants et régissant seul la sphère privée, en fonction de lois et de coutumes qui lui laissaient, sur ce point, une large liberté. En France, il faut attendre 1938 pour que la puissance maritale et l’incapacité juridique de la femme mariée soient supprimées. L’épouse n’est alors plus tenue au devoir d’obéissance à son mari.

Elle peut avoir une carte d’identité et un passeport, ouvrir un compte bancaire, ester en justice sans l’autorisation de son époux. Celui-ci a cependant toujours la possibilité de s’opposer à ce que sa femme exerce une profession.

" Me débrouiller oui! Mais pas tout seul"

C'est au travers de mes expériences de stage que j'ai pu saisir comme les notions d’autonomie, responsabilité et projet étaient au cœur tant dans l’accompagnement éducatif que des projets individualisés et des projets d’établissements. Ces notions centrales sont le reflet de l’évolution de notre société où les lois de 2002 et de 2005 viennent s’inscrire en mettant l’individu au centre de ses projets et en lui donnant sa place de citoyen dans notre société. Ainsi une personne autonome est celle qui peut se définir, exprimer ses désirs, faire ses choix et se projeter dans l’avenir.

De ce fait le paysage institutionnel a connu des modifications indéniables en laissant toute sa place à l’individu. Cette nouvelle configuration s’accompagne alors de nouvelles valeurs : citoyenneté, respect des autres, promotion du projet et donc autonomie et responsabilité individuelle. Selon Molénat Xavier, ces modifications institutionnelles ont impliqué une modification des pratiques des travailleurs sociaux autour de ce nouvel impératif qu’est l’autonomie. Ainsi « les métiers de l’intervention ne sont plus perçus comme détenteurs d’une vérité à révéler, ils individualisent leur interventions, restituent les sujets et les aident à élaborer des projets (…) où l’usager va être entrepreneur de lui-même et devient alors acteur de son projet ». (MOLENAT Xavier, 2007)

Quand l'éducateur se retrouve en position de tiers à l'ASE
Ainsi, mon parcours de formation fut marqué par plusieurs expériences de terrain très enrichissantes. J’ai commencé la première année avec un stage hors champ de l’éducation spécialisée (stage externe), à la Croix-Rouge Française à Marseille. J’intervenais sur trois secteurs : l’accueil familial (distribution de colis alimentaires, vêtements, conseils, orientation), la « petite plume » (espace de jeux, d’éveil, de socialisation pour les jeunes enfants, et en même temps de rencontre pour les parents), et le SAMU Social, en lien avec le 115 et le SAMU Social de la Ville de Marseille. Cette expérience en direct avec la grande précarité, qui mêle à la fois des personnes sans domicile, des travailleurs pauvres, des étrangers en situation irrégulière, des personnes toxicomanes ou alcooliques… a été pour moi une expérience humaine et professionnelle très forte. Mon premier stage spécialisé s’est déroulé en IMPRO, les Chalets (Marseille 14ème) avec des adolescents de 16 à 21 ans présentant une déficience intellectuelle, en pré-formation professionnelle dans la Restauration cuisine et service. Ce stage a été pour moi l’occasion de découvrir de façon plus approfondie le handicap et tout le travail de formation et d’insertion qui y est réalisé. Pour le second stage spécialisé, j’étais en Maison d’Enfants, la Reynarde (Marseille 11ème) sur un groupe d’adolescents de 12 à 17 ans. Ce travail en internat m’a vraiment permis de prendre conscience de l’importance du quotidien dans l’acte éducatif. Et dans ce quotidien fait de levers, couchers, accompagnements divers, sorties, loisirs… deux dimensions coexistent sans cesse : la routine, avec tous ses rituels, et l’imprévu. Comme le dit J. Rouzel, « il faut laisser une porte ouverte a l’imprévu, à l’insu, à l’inouï (…). Trop souvent nous considérons l’imprévu sur le mode de quelque chose qui dérange »
Entre l'Etre et le Faire: l'autorité dans la relation éducative

Ce travail de recherche est une réflexion sur l’être et le faire autorité dans la relation éducative: Etre autoritaire ou permettre à l’autre d’Etre, Faire autorité et Faire avec. En quoi l’autorité est-elle un fondement dans la relation éducative pour l’éducateur spécialisé ? Dans une première partie, je fais un état des lieux sur la notion d’autorité en la situant dans son évolution et en la définissant de manière conceptuelle.

Dans une seconde partie, je traite de l’autorité dans la relation éducative et de sa mise en place par l’éducateur spécialisé qui en est le garant. Dans une troisième et dernière partie j’aborde la question du fondement de l’autorité de manière plus concrète au travers de ma pratique dans différentes institutions : un Institut Médico Educatif, un Centre Educatif Fermé et une Section d’Accueil de Jour. C’est en effet à travers ces trois stages que j’ai pu m’apercevoir que quelque soit la population avec qui l’éducateur spécialisé travaille, l’autorité est toujours présente

Connexion

Educateur spécialisé

Abonnement

Recherche