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Moniteur-éducateur

Le moniteur-éducateur a un rôle d'animation, de prévention et d'éducation auprès de personnes en difficulté : enfants, ados, adultes ou personnes âgées. Il est le bras droit de l'éducateur spécialisé, qui détient la responsabilité d'élaborer des projets.

Quelles solutions pour les incasables ?

Quelles solutions pour les incasables ?

C’est un enchaînement de nouveaux mandats judiciaires, de nouvelles propositions des services sociaux. Tous ces circuits sont officiels, “agréés”. Quelles que soient les qualités des lieux d’accueil, le jeune continue de disfonctionner conformément à ce qu’il pense comprendre de son rôle au sein de la société. Il a des bonnes raisons pour ne pas changer : : « Lorsque, au cours de l'existence, des solutions ou des issues alternatives ont fait durablement défaut, force est, pour chacun, de progressivement s'habituer à l'inconfort du mal-être : on déploie ses efforts non plus pour "en sortir", mais pour simplement tenter de l'aménager au mieux et trouver ainsi un minimum de confort dans l'inconfort…Fort de la dimension de vérité que représente cet état, on en vient à s'identifier à cette part de soi dans laquelle on se reconnaît, et cette identification partielle tend à devenir globale … C'est une auto-identification négative qui se met en place, surtout lorsque l'environnement vient renforcer chez le sujet le sentiment... d'être mauvais... L'idée de changer devient progressivement impensable ; elle peut même se présenter, à terme comme une manière de trahison de soi-même. » Dans certains cas, les placements «classiques » s’avèrent donc inefficaces. Oser sortir des sentiers battus permettrait de faire découvrir au jeune qu’il existe d’autres choses dans la vie que ce qu’il en a vu jusqu’à présent. Une prise en charge plus marginale permettra, peut-être, à un jeune en rupture avec la société, de retrouver des repères et des valeurs qui l’aideront à prendre une place au sein de cette société. Cela va supposer de la part des services sociaux et du juge engagé dans l’accompagnement, un déplacement de leurs propres façons de voir. Ce mode de travail plus marginal, modifie nos façons d’appréhender l’apprentissage de la vie. Ainsi ce changement d’échelle de valeurs pousse l’ensemble des acteurs à se re-questionner. Quel sens donnent-ils au placement du jeune concerné, qu'attendent-ils pour ce jeune, de ce jeune ? Il s’agit pour l’ensemble des travailleurs sociaux engagés dans la prise en charge de prendre des risques. Naviguer, hors des routes connues, à toujours poser des problèmes qui demandent l’invention de nouvelles réponses. Je me propose d’aborder ce problème des jeunes «incasables» sous l’angle institutionnel et sous celui des solutions envisageables. Les problématiques en cause feront l’objet d’un court chapitre destiné à situer rapidement quels sont les jeunes concernés. J’essaierai dans un premier temps de définir rapidement quelles sont les commandes faites aux institutions repérées comme classiques. Je chercherai à voir comment ces formes de prises en charge qui étaient innovantes à leur création ont vieilli et ne répondent plus que partiellement aux nouveaux problèmes posés. J’exposerai ensuite, quels sont les nouveaux types de problèmes qui se posent aux institutions. Puis, à titre d’exemple, je parlerai du cas de Daniel. Afin de montrer comment une solution peut à un moment donné, avoir des effets bénéfiques sur un jeune, et comment cette solution est difficilement applicable à d’autres cas et dans d’autres circonstances. Je m’efforcerai enfin de tirer les conclusions qui s’imposent face aux problèmes posés par la prise en charge des jeunes dit «incasables».

Catégorie: Mémoire Moniteur-éducateur
Type de fichier: application/pdf
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Et si on parlait ?

En effet, il n’est pas toujours facile pour le résident et l’éducateur d’établir une conversation. Les résidents n’utilisent pas toujours les mots adaptés à ce qu’ils veulent nous dire. Leur élocution est parfois difficile. Par ailleurs très peu de résidents savent écrire, ce qui ne nous facilitent pas la tâche. D’autre part, on peut souvent remarquer qu’au cours d’une même conversation le résident peut parler de plusieurs choses qui n’ont rien à voir entre elles, et ceci sans aucune transition. Il peut aussi leur arriver d’interrompre une conversation et de la reprendre ultérieurement comme si il ne s’était rien passé entre temps. A toutes ces caractéristiques, on peut ajouter les difficultés qu’on certaines personnes à entendre et à voir. Ce sont des contraintes non négligeables.

Création d’une bibliothèque en I.M.PRO.
Après avoir recueilli l'avis de l'équipe éducative (1), je me devais de prendre en compte l'avis des résidents. C'est pourquoi, j'ai mis en place une sorte de petit sondage à l'intention des résidents. Cela m'a permis de leur donner la parole sur le sujet de la lecture en leur posant un certain nombre de questions. Ce sondage était donc l'occasion de leur donner la parole mais aussi de me présenter auprès de chaque jeune et de savoir ce qu'ils pensaient de la création d'une bibliothèque à l' I.M.PRO.. C'était donc une première sensibilisation. Il en ressort sur 50 résidents interrogés (2) que: - 20 personnes savent lire et comprennent bien ou moyennement ce qu'elles lisent. - 30 personnes disent aimer la lecture - ½ aime se faire raconter des histoires - 7 sont déjà inscrites dans une bibliothèque - Et enfin, seules 5 personnes pensent qu'elles n'iraient jamais à une éventuelle bibliothèque. C'est donc à partir de l’intérêt du livre et de sa place dans notre société, le livre étant à la fois un instrument de communication et un support à la relation (un prétexte ) qu'il m'a semblé intéressant de sensibiliser les jeunes de l'I.M.PRO. à la lecture notamment par la création d'une bibliothèque de prêt au sein de l'établissement accessible à tous et gratuitement.
Je suis sourd et ma tête est malade

Depuis quelques années, j’ai eu diverses expériences auprès de personnes handicapés de tous âges sur différents postes (animatrice, éducatrice scolaire, éducatrice non diplômée, etc). J’ai notamment participé pendant plusieurs années à des camps de vacances pour adultes handicapés mentaux. J’ai appris la langue des signes en 1995 et, par la suite j’ai travaillé essentiellement auprès d’enfants et d’adolescents sourds. Durant la formation, j’ai choisi d’effectuer mon stage long dans ce foyer. Cette structure accueille des personnes sourdes âgés de 20 à 59 ans avec des troubles associés. Je n’avais pas encore travaillé auprès de cette population. Cet établissement comprend un Centre d’Aide par le Travail ( C.A.T) et un foyer. Ce dernier se compose d’un groupe de 15 résidents mixte et d’une équipe éducative, comptant six éducatrices et un éducateur. Les résidents sont aussi des ouvriers du CAT. Dans cet établissement la langue des signes est reconnue comme élément structurant central de la prise en charge. Je dois préciser qu’il existe très peu d’établissements en France spécialisés dans l’accueil de personnes sourdes avec des troubles associés. Grâce à ce stage j’ai découvert rapidement qu’il fallait utiliser tous les outils de communication et les adapter pour pouvoir réussir à communiquer. De plus, j’ai rencontré des personnes sourdes souffrant de maladies mentales dans ce foyer. La communication avec ces derniers m’a interpellé. C’est pourquoi j’ai choisi de me pencher sur cette question de la communication auprès de ce type de population. D’autre part, « .. Je crois que la question de la communication doit toujours être présente en formation. Les gens qui se forment doivent pouvoir réfléchir, verbaliser, discuter sur la qualité de la communication .. » ( Sciences humaines, Martine Fournier, hors série n° 16, mars/avril 1997). En effet la communication est au centre de la relation éducative est c’est aussi pour cette raison que je me suis intéressée à ce sujet.

Les jeunes qui se "frottent " à la zone
Lors de ma formation de Monitrice-éducatrice, j'ai choisi d'effectuer mon stage dans une association de chômeurs et de précaires. Celle-ci est une maison d'accueil pour les chômeurs, les travailleurs ou les sans-abri communément appelé SDF. J'ai donc travaillé auprès de personnes en situation d'échec. Je m'intéresserai ici plus au domaine de l'exclusion, donc à la situation des jeunes Sans Domicile Fixe. Le choix de ce stage n’est pas anodin. Désireuse de connaître une association qui met tout en œuvre pour aider les chômeurs et les précaires, j’ai choisi à la base chom’actif afin de découvrir, connaître et utiliser les partenaires.

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