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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

L'estime de soi un bien essentiel : l'accompagnement éducatif des personnes malades alcooliques

L'estime de soi un bien essentiel : l'accompagnement éducatif des personnes malades alcooliques

J’ai effectué mon stage à responsabilité éducative au sein d’un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale spécialisé en alcoologie. Cette structure accueille après une cure de désintoxication éthylique des hommes malades alcooliques de 18 à 60 ans s’inscrivant dans une démarche d’abstinence et de réinsertion. Dans la rencontre avec ces personnes je me suis aperçue du manque de confiance qu’ils avaient en eux. Le concept d’estime de soi m’avait déjà intéressée lors de mes précédents stages. J’ai travaillé dans une Maison d’Enfants à Caractère Social où j’ai pu remarquer l’image et les caractéristiques négatives que certains parents s’attribuaient en raison du placement de leur enfant.

Lors de mon deuxième stage auprès d’adultes déficients intellectuels et physiques pour certains, j’ai pris conscience de l’ampleur de la difficulté qu’ils rencontraient pour être acceptés au sein d’une société qui valorise la « normalité » et des conséquences que cela pouvait avoir sur l’estime de soi.

Je terminerai ce mémoire en insistant sur la nécessité de considérer chaque usager comme une personne à part entière et de lui garantir un accompagnement de qualité en fonction de ses besoins, difficultés, vécu… tout en le responsabilisant quant à ses choix et projets. Malgré une problématique d’alcoolodépendance et certaines caractéristiques communes ainsi que le regard stigmatisant de la société porté sur eux, chaque malade alcoolique est unique de par son parcours, son histoire, les événements et éléments personnels ayant entraîné une dépendance à l’alcool. J.ADES et M.LEJOYEUX décrivent trois « cerces vicieux » dans lesquels se trouvent les malades alcooliques: celui qui concerne le domaine social, « les troubles et conflits provoqués par l’abus entraînent isolement et rejet ».

Celui concernant le domaine psychologique, les différents comportements en lien avec les alcoolisations entraînent « des sentiments d’échec, d’impuissance et de culpabilité » et le cercle vicieux biologique, le corps s’habitude à l’alcool et en demande toujours plus pour ressentir les mêmes effets. (phénomène de tolérance). Ceci montre bien « l’enferment » dans lequel se trouve la personne malade alcoolique.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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L'orientation des mineurs placés en foyer de l'enfance

L’enfant fait l’objet d’une attention dans notre société du fait de sa plus grande vulnérabilité. Il doit être protégé dans sa sécurité, sa santé et sa moralité. Cette tâche appartient aux pères et mères, mais lorsque ceux-ci sont absents ou défaillants, c’est la collectivité publique qui doit s’en acquitter.

Dans ce but, celle-ci a mis en place un ensemble de services et de prestations englobés dans un dispositif général de protection de l’enfance, s’appuyant sur deux formes d’interventions principales : judiciaire et administrative. Les deux étant très liées puisqu’après une décision judiciaire l’enfant sera le plus souvent confié au dispositif administratif.

L'inceste, mieux comprendre, pour mieux intervenir.

Introduction Août 1998, je fais les derniers préparatifs avant de partir en camp d’été, avec quelques garçons de l’établissement et mon collègue de travail. La Directrice de l’époque nous demande de la rejoindre dans son bureau, car un changement doit se faire dans l’effectif des jeunes. En effet, elle nous signifie qu’un garçon de douze ans doit arriver dans quelques heures à la gare. Je lui demande tout naturellement quelques renseignements concernant ce garçon. Ses réponses me font l’effet d’une « douche glacée ». Ce jeune est admis en urgence, car les services de l’A.S.E. ont fait un signalement pour « abus sexuels sur mineur de moins de quinze ans, par personne ayant autorité sur ledit mineur ». En d’autres termes, cet enfant a été victime d’inceste.

La situation est urgente et ne peut permettre la mise en place du protocole d’accueil habituellement usité. Un silence pesant s’est installé dans le bureau… Indescriptible, personne ne dit mot. Chacun est (peut-être) entrain de chercher ce qu’il va pouvoir dire… Mais que dire, à une victime de l’inceste ? Comment et faut-il aborder le sujet d’emblée ? Qu’allais-je faire avec lui durant ces dix jours de vacances à passer en sa compagnie ? Comment l’aider à « porter » ce poids ?… Je pourrais ainsi lister un répertoire de questions qui m’étaient venues à ce moment là. Mais c’est sur la route et en sa présence que j’ai compris que ce n’était pas tant de savoir quelles actions éducatives étaient à mettre en place qui me posait problème, mais qu’il s’agissait de moi, de ce que je pouvais ressentir face à cette situation. Les images qui venaient à mon esprit étaient insoutenables. Je ne savais pas comment « regarder » cet adolescent. Pour la première fois, je ne savais pas su me situer professionnellement car un « malaise profond » vis à vis de cette situation entravait mon action. Ainsi, ma recherche tentera-t-elle de cerner et de comprendre ce qui est en jeu dans la relation d’aide au public victime de violences sexuelles, avec pour objectif une utilisation de ces données, tant dans ma réflexion que dans ma pratique. De ce fait, mon étude, au delà de l’intérêt sociologique et théorique, met en évidence des enjeux professionnels qui méritent à la fois réflexion et approfondissement. Aussi, mes préoccupations d’ordre professionnelle constitueront-elles les tenants et les aboutissants de ma recherche.

A noter que le travail de théorisation est alimenté à chaque phase de mon travail par des éléments directement liés aux besoins des publics concernés et/ou à mes actions. De plus, ces apports théoriques permettront de « nourrir » des éventuels débats, réflexions, autour des pistes qu’elles suggère, pour une action plus efficace. Mon mémoire de fin d’études, n’est pas le lieu d’une évaluation du travail social, ni celui de plaidoyer ou de polémiquer sur telle ou telle institution, ou telle ou telle profession. Ainsi, tenterais-je à partir de ma propre expérience, d’identifier les raisons pour lesquelles un malaise « trouble et profond » surgi, face à une situation d’inceste. Il ne s’agit pas de savoir, uniquement ce qu’est l’inceste, bien que cela soit nécessaire de manière théorique, mais bien au delà de l’identification de ces situations, tenter de mieux me situer, pour mieux intervenir… Tenter de « balayer » mes a priori, mes préjugés.

Septembre 1986, le livre d’Eva Thomas, « Le viol du silence »·, est publié : témoignage émouvant et poignant d’une femme victime d’inceste à l’âge de quinze ans. Apporté par une victime, ce témoignage met à nu du ressenti et non une approche théorique à distance. Pour la première fois en France, le voile du silence est levé sur un sujet aussi tabou, les valeurs fondamentales sociales ébranlées et les discours forcément passionnels. Personne n’est indifférent, choqué, outré, curieux, compatissant, ce « séisme » provoque une résonance en chacun de nous. L’été 1988, meurtrier, on se souvient des enfants retrouvés assassinés après avoir été violés, n’a fait qu’amplifier cette prise de conscience collective et médiatique des dangers encourus par les enfants. En mars 1989, l’émission télévisée « Médiations », de François De Closets, est consacrée au thème de l’inceste, une première : de nombreuses femmes témoignent et livrent leur vérité au grand public, choqué, mais parfois incrédule, doutant d’une réalité insupportable. 

Du "dedans" au "dehors"...

Je suis arrivée en formation en me disant que le plus dur était fait puisque j’avais réussi le concours d’entrée. Enfin, c’est ce que je croyais… J’ai alors découvert le plan de construction, et la pression ! Au début, on m’a donné plein d’outils, de nombreuses heures sur les bancs de l’amphi. En quête de savoirs, j’écoutais et je notais. Puis direction l’Institut Médico-Educatif, premier terrain d’apprentissage et première rencontre avec le handicap, quelle claque ! Je constatais qu’il ne suffisait pas de connaître chaque outil, mais que l’essentiel consistait à savoir les adapter. Un début de stage difficile et une issue très positive ! Ensuite, je me suis rendue dans ce hangar aménagé à P. au Centre Educatif Renforcé, quelle expérience ! Des appréhensions (serai-je à la hauteur ?), des questions (qui sont ces jeunes ?), une certaine excitation (j’attendais ce stage depuis si longtemps). Parallèlement, les apports en psychologie m’ont offert un recul certain sur ma pratique, et m’ont aidée à comprendre les jeunes certes, mais surtout ma relation avec eux. J’approchais vraiment la relation éducative, et je commençais à y mettre des mots.

L'humour au bout des doigts : l'humour comme outil éducatif

J’ai effectué mon stage à responsabilité éducative au sein d’un Institut de Jeunes Sourds (IJS) à S-E. Le stage s’inscrivait dans mon projet de formation, à savoir, la perspective de travailler auprès de jeunes sourds. En effet, mes expériences antérieures m’ont amenée à travailler auprès de ce public. J’ai d’ailleurs appris la Langue des Signes Française (LSF) afin de me doter d’un outil qui me paraissait essentiel pour un éducateur, communiquer avec les jeunes. Lors de ce stage, j’ai pu constater qu’il était parfois difficile d’entrer en communication avec certains jeunes malgré la maîtrise de la LSF. A ce propos, j’ai été confrontée à certaines situations qui m’ont mise en difficulté, notamment avec deux adolescentes.

Dès mon arrivée en stage, j’ai rencontré une situation difficile avec une jeune fille âgée de 16 ans, Claire. Lorsque je lui demandais d’aller dans sa chambre, pour travailler, elle se sentait agressée. Elle se mettait à crier, disait qu’elle en avait marre de l’IJS. Puis elle rentrait dans sa chambre en claquant violemment la porte. Je pouvais l’entendre taper contre les murs, tellement elle était énervée. Chaque fois que je lui demandais de faire quelque chose, cela finissait par un conflit. Quant à Mathilde, la communication était presque inexistante. Je rencontrais effectivement des difficultés tenant plus de la relation. Lorsque je tentais d’entamer une discussion avec elle, soit elle fuyait, soit elle détournait le regard, le moyen de couper la communication. J’avais l ‘impression de ne pas exister à ses yeux. Je n’arrivais pas à parler avec elle. Cette situation était très difficile : je me sentais maladroite dans ma façon d’agir. En observant les éducateurs et les jeunes, je me suis aperçue que l’humour tenait une place importante dans leurs relations.

Cependant, je remarquais une distinction entre l’utilisation de l’humour par les éducateurs entendants et les éducateurs sourds. En effet, Les éducateurs entendants utilisaient un humour auquel les jeunes étaient plus ou moins réceptifs selon la forme d’humour employé. Les éducateurs sourds, en revanche, faisaient usage d’une autre forme d’humour auquelle les jeunes sourds étaient plus perméables. D’ailleurs, les jeunes utilisaient la même forme d’humour entre eux. Ce n’est pas le même humour. On distingue donc deux humours, l’humour sourd et l’humour entendant.

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