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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Dans le lieu ou à des lieues je veille bien: le rôle de l'éducateur dans un lieu de soin

Dans le lieu ou à des lieues je veille bien: le rôle de l'éducateur dans un lieu de soin

Mon parcours professionnel m’a mené de veilleur de nuit en C.H.R.S. à moniteur éducateur en M.E.C.S.. Lors de ces pratiques professionnelles j’ai été confronté à plusieurs reprises à la question de la folie. Notion et état que je ne maîtrisais pas du tout et qui m’ont renvoyé à une peur enfouie et tenace, à une angoisse que je ne contrôlais pas et qui petit à petit me dévorait. J’avais beau en parler à mes collègues et aux psychologues il m’était difficile de comprendre ce qui se passait en moi. Ma volonté a alors été de me confronter plus directement à cette folie, pour cela j’ai voulu des filets, qu’ils soient théoriques et organisationnels. Mon choix a alors été l’hôpital de jour pour adolescents pendant ce stage à responsabilité

Ce stage à responsabilité m’a permis de mettre des mots sur la folie. J’ai compris quel travail pouvait être fait auprès des adolescents psychotiques. La confusion qui occupait mon esprit au début du stage s’est dissipée petit à petit. J’ai pu alors mettre réellement ma position d’éducateur en œuvre. J’ai animé des ateliers éducatifs, partagé de longs moments à boire du café avec des adolescents, pris ma place lors des différentes réunions, et ainsi participé à la création du lieu bien-veillant. Je pense avoir réellement participé d’un ensemble soignant en restant dans ma fonction d’éducateur. Ce travail a été difficile car pendant la période d’observation un grand nombre de questions sont apparues, dans un premier temps au niveau de l’éthique, des valeurs propres aux individus, puis au niveau déontologique, des valeurs propres aux éducateurs.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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La personne à la rue:attention fragile! L'ES entre ancrage social et repère dans la survie.

Comment je suis passée « de la rue à l’équipe » Mes premiers mois à l’antenne, j’étais vraiment dans l’émotion, l’émulation de la découverte et complètement conquise par cette apparente convivialité si simple, si accueillante des gens de la rue. Je me sentais plus proche d’eux que de l’équipe. D’ailleurs, je me sentais plus extérieure (sentiment d’être étudiante et observatrice, du à la formation toutes les matinées au siège de l’association) que membre à part entière d’une équipe et à ce titre responsable vis à vis de sa position avec les gens de la rue.

Avec du recul, je trouve cette période dangereuse tant pour le néophyte que pour l’équipe. Cette période a également été une période de tension car ma perception des situations étant faussée, je ne comprenais pas toujours les décisions d’équipe. Peu à peu, j’ai perdu mes illusions et mes idéaux (« Il suffit de les aimer pour que tout se débloque ») pour y gagner une attitude plus sereine, une humilité qui reconnaît son impuissance. J’ai notamment compris que protéger ces personnes était inutile. En vivant à la rue, ils ont déjà supporté l’insupportable. Ils peuvent vivre - survivre - sans nous. C’est à eux de faire des choix. De toute façon, il est inutile de les porter à bout de bras : au moindre relâchement de notre part, tout s’effondre. L’équipe et l’expérience m’ont appris à garder du recul par rapport aux évènements (positifs ou négatifs) qui leur arrivent et d’une manière générale, j’ai aujourd’hui plus de méfiance vis à vis de leurs propos et plus de distance vis à vis de leurs émotions.

L'intervention éducative en CER

La question de la prise en charge de la jeunesse délinquante en France a suscité depuis le début du 19 siècle jusqu'aujourd’hui beaucoup de débats. Sur le plan politique tout d’abord, puis sur un plan plus éthique par la suite avec le développement des sciences humaines et sociales. La fin de la seconde guerre mondiale a changé les pratiques professionnelles et la vision du jeune délinquants avec l’ordonnance de 1945 qui fut l’avènement de la prise en charge des mineurs délinquant que l’on connaît aujourd’hui. Elle proposait une approche plus humaine de la justice des mineurs, en donnant la priorité à l’acte éducatif sur celle du répressif. En 1999 furent créé des structures appelées Centre Éducatif Renforcé (CER), basées sur les principes fondateurs de l’ordonnance de 1945 et qui apportaient une nouvelle approche éducative de la prise en charge des mineurs délinquant. C’est dans une de ces structures que je travaille depuis 4 ans le CER l’Escale « le Cirque » et c’est sur cette expérience que j’ai basé mon travail de recherche pour élaborer ce mémoire.

Le CER l’Escale « le Cirque » est une association qui a choisi comme cadre d’intervention pour la prise en charge des mineurs des cirques familiaux répartis sur tout le territoire national. Ce cadre atypique et la spécificité d’une prise en charge éducative de mineur délinquant multirécidivistes m’ont permis d’acquérir un savoir faire et un savoir être professionnels basés sur les notions du « faire avec » et du « vivre avec ». L’éducateur est mis en immersion dans le monde du cirque et encadre deux jeunes mineurs. Cependant dans mon évolution professionnelle et à travers les apports de la formation j’ai pu constater que la prise en charge éducative en CER était limitée sur plusieurs plan. Limitée dans le temps, limité dans la professionnalisation de son personnel et surtout limitée sur certains points dans l’intervention éducative de l’éducateur et notamment dans la construction d’un projet individuel avec le jeune pris en charge.

L'accompagnement de l'enfant vers un processus de résilience

Nous avons vu que la résilience est un terme Anglo saxon, et qui décrit la capacité d’un individu à surmonter un traumatisme et aller de l’avant. Nous avons pu comprendre que pour que ce mécanisme puisse s’opérer, il faut en amont des facteurs de protections et des mécanismes de défenses, permettant au sujet de se défendre et d’aller au delà du traumatisme se que l’on nomme le rebond. Lors de ma formation d’éducateur, j’ai rencontré énormément d’enfants ayant véçus des traumatismes de différentes nature, et la question était de comprendre quels accompagnements je pouvais faire auprès d’eux afin qu’ils puissent un jour « s’en sortir ».

Aussi à la fin de mon travail j’émet les hypothèses suivantes pouvant m’aider dans mon travail et qui concerne l’accompagnement de l’enfant vers ce processus que l’on nomme résilience : L’accompagnement de l’enfant vers la résilience, repose avant tout, sur une présence de l’éducateur. Accompagner c’est en premier lieu donner de son temps, tout simplement être là, à la disposition de l’enfant, être à son écoute.

Ecouter, c’est déjà essayer de comprendre sans juger, en essayant de mettre en place un cadre défini, en s’engageant sur la durée, car il est certain qu’un accompagnement quel qu’il soit, a besoin de temps, de régularité… Cet accompagnement nécessite également de réfléchir sur la résilience, de la connaître, de connaître éventuellement sa propre résilience, savoir qu’elle existe, qu’elle peut toujours se manifester. Le soutien à la résilience est d’aider l’autre à grandir. Déjà connaître la résilience, c’est accompagner l’enfant en difficulté importante, avec la conviction qu’il a en lui des ressources et qu’il va falloir l’aider à s’en servir et notamment en optimisant les facteurs de protection, de faire en sorte de diminuer les effets des facteurs de risques, en favorisant l’autonomie et la responsabilisation de l’enfant.

Ainsi, la résilience peut contribuer, en complément d’autres approches, à tenter de comprendre les formes d’adaptation des individus et permettre aux professionnels d’inventer de nouvelles méthodes de prises en charge des enfants, dès lors qu’ils sont confrontés à des traumatismes. En tant que futur professionnel, je dirais qu’un accompagnement vers la résilience pour l’enfant, nécessite une approche globale de celui-ci en prenant en compte principalement trois domaines : l’individu (tempérament, personnalité…), ses comportements ( mesures défensives et destructives) et son environnement relationnel (famille, amis…).

L'humour au bout des doigts : l'humour comme outil éducatif

J’ai effectué mon stage à responsabilité éducative au sein d’un Institut de Jeunes Sourds (IJS) à S-E. Le stage s’inscrivait dans mon projet de formation, à savoir, la perspective de travailler auprès de jeunes sourds. En effet, mes expériences antérieures m’ont amenée à travailler auprès de ce public. J’ai d’ailleurs appris la Langue des Signes Française (LSF) afin de me doter d’un outil qui me paraissait essentiel pour un éducateur, communiquer avec les jeunes. Lors de ce stage, j’ai pu constater qu’il était parfois difficile d’entrer en communication avec certains jeunes malgré la maîtrise de la LSF. A ce propos, j’ai été confrontée à certaines situations qui m’ont mise en difficulté, notamment avec deux adolescentes.

Dès mon arrivée en stage, j’ai rencontré une situation difficile avec une jeune fille âgée de 16 ans, Claire. Lorsque je lui demandais d’aller dans sa chambre, pour travailler, elle se sentait agressée. Elle se mettait à crier, disait qu’elle en avait marre de l’IJS. Puis elle rentrait dans sa chambre en claquant violemment la porte. Je pouvais l’entendre taper contre les murs, tellement elle était énervée. Chaque fois que je lui demandais de faire quelque chose, cela finissait par un conflit. Quant à Mathilde, la communication était presque inexistante. Je rencontrais effectivement des difficultés tenant plus de la relation. Lorsque je tentais d’entamer une discussion avec elle, soit elle fuyait, soit elle détournait le regard, le moyen de couper la communication. J’avais l ‘impression de ne pas exister à ses yeux. Je n’arrivais pas à parler avec elle. Cette situation était très difficile : je me sentais maladroite dans ma façon d’agir. En observant les éducateurs et les jeunes, je me suis aperçue que l’humour tenait une place importante dans leurs relations.

Cependant, je remarquais une distinction entre l’utilisation de l’humour par les éducateurs entendants et les éducateurs sourds. En effet, Les éducateurs entendants utilisaient un humour auquel les jeunes étaient plus ou moins réceptifs selon la forme d’humour employé. Les éducateurs sourds, en revanche, faisaient usage d’une autre forme d’humour auquelle les jeunes sourds étaient plus perméables. D’ailleurs, les jeunes utilisaient la même forme d’humour entre eux. Ce n’est pas le même humour. On distingue donc deux humours, l’humour sourd et l’humour entendant.

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