LeSocial Emploi Prepa Doc Formateque

Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Adulte, adulte handicapé, un paradoxe ?

Adulte, adulte handicapé, un paradoxe ?

« Il me faudrait un congélateur » me dit Thierry. C’est ainsi qu’à mon arrivée dans ce foyer d’hébergement pour personnes adultes handicapées à Guebwiller, en Alsace, j’ai pu observer une situation qui m’a interrogé : une demande de la part de Thierry à son curateur, qui lui semble, me semble, nous semble (équipe éducative, pluridisciplinaire) simple, intéressante, appropriée et réalisable, et qui ne l’est pas forcément pour son curateur ; parce que chacun la vit justement, à son niveau, avec son histoire, ses références et sa propre représentation des choses. Et là, je me questionne sur cette notion d’adulte, en l’occurrence handicapé, un paradoxe ? Comment pour la personne adulte handicapée, ce statut d’adulte est-il pris en compte, comment dans mon quotidien je la perçois parce que je voudrais qu’elle puisse être, devenir « celle qui parle », celle qu’on entend et non « celle dont on parle ». Qu’elle puisse accéder à sa façon et à son rythme à ce qu’elle est, en tant que sujet humain, à la fois séparé de l’autre, parent/référent et donc unique et insérée dans des circuits d’échanges sociaux et affectifs. C’est une démarche éthique que je souhaite questionner.

Ce que j’ai appris des situations de Thierry, Fabien, Jeannette, des situations que je rencontre au quotidien, c’est que l’adulte se construit dans la durée, voire pour toute la vie ? La définition de l’adulte me semble assez réduite pour la personne ayant un handicap mental. Mais arrêter ici ce travail et s’en tenir là, serait encore plus réduc-teur. A travers nos propositions éducatives, l’important au bout du compte est l’espace laissé à la personne handicapée pour qu’elle s’en saisisse (ou le refuse) ; c’est aussi la possibilité de « jeu » que nous lui laissons/ouvrons pour exister, créer souvent « rien qu’un peu » sa propre vie, exprimer et expérimenter ses propres désirs… Il nous faut évaluer, souvent dans l’instantanéité des gestes quotidiens, ce qui va soutenir cette émergence/affirmation de la personne adulte. Nous devons être capable de déterminer nos priorités avec chaque personne dans sa singularité ; de différencier les domaines où le manque d’adaptation minimum est particulièrement invalidant et où nous serons plus « normatifs » dans nos propositions et parfois nos exigences : par exemple l’aspect vestimentaire lors de sorties, le respect des règles sociales en vigueur dans les espaces collectifs institutionnels ou les espaces publics…cinéma, restaurant...

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
Historique du document: 0
Licence

Chacun des éléments constituant le site SocioDoc.fr sont protégés par le droit d'auteur. Il est donc strictement interdit d'utiliser, reproduire ou représenter même partiellement, modifier, adapter, traduire, ou distribuer l'un quelconque des éléments.

En cochant la case ci-dessous, j'accepte les conditions générales d'utilisation de SocioDoc.fr.

Accepter le terme et la condition

Documents associés

Vulnérabilité et représentations. Quelle articulation dans les pratiques éducatives?

Durant ces trois années de formation j’aurai eu l’occasion de voir les familles des deux côtés du miroir. En effet, mes deux premiers stages se sont effectués l’un en Institut de Rééducation et l’autre en Centre de Rééducation Fonctionnelle. Les deux populations accueillies dans ces établissements, très différentes et touchées par des problématiques très opposées, m’ont permis de travailler en priorité avec les enfants. Je me suis forgée des représentations concernant les parents de ces enfants. Ces représentations n’étaient nullement fondées sur la réalité, il s’agissait de ce que je pouvais imaginer de ces parents en fonction des enfants que j’avais en face de moi quotidiennement. Durant ces deux fois trois mois de stage, je n’ai eu que très rarement affaire aux parents, si ce n’est les vendredis et les dimanches soirs pour le départ et le retour des enfants. C’est dire si mes représentations étaient uniquement fondées sur mes propres fantasmes. Ces parents ne pouvaient être que de « mauvais » parents pour infliger « tant de choses » à leurs enfants. Lors de mon troisième stage, stage de neuf mois, j’ai eu l’occasion de travailler au plus près des parents. J’ai en effet, effectué ce stage dans un service d’Action Educative en Milieu Ouvert. C’est là que j’ai pu voir les parents, les familles de l’autre côté du miroir. J’ai débuté ce stage avec les représentations que je m’étais faites durant les deux premiers stages.

De ce fait, je suis restée en retrait pendant un certain temps, ne me laissant pas aller à écouter les sentiments que je pouvais ressentir face à ces parents qui étaient « forcément mauvais ». Puis, petit à petit j’ai dû me rendre à l’évidence, ces parents ne sont pas « seulement mauvais », ils ne commettent pas d’actes forcément gratuits envers leurs enfants, simplement, ils sont au moins autant que leurs enfants en souffrance. J’ai, de ce fait, sensiblement, au fil du temps, nuancé ma façon de voir les familles, et je me suis laissée aller à écouter ce que je ressentais face à des personnes souvent en grande difficulté mais pourtant terriblement humaines. Après quelques mois de stage je me suis interrogée sur le fait que j’ai découvert ces familles sous un autre jour car j’ai eu l’occasion de travailler auprès d’elles. Mais qu’en aurait-il été si je n’avais pas eu cette opportunité ? C’est pour cette raison que j’ai commencé à m’intéresser aux différentes représentations que peuvent avoir les personnes qui interviennent auprès de ces familles que l’on dit « vulnérables » du simple fait de l’intervention du social auprès d’elles. J’ai en effet constaté que travailler en partenariat avec les différents acteurs sociaux qui peuvent être amenés à intervenir dans les familles (et ils peuvent parfois être nombreux) n’est pas toujours facile, car nous intervenons tous avec nos propres représentations de la famille idéale. Viennent s’ajouter à ces représentations les normes sociales qui elles aussi imprègnent les acteurs sociaux et interviennent dans leur pratique.

 

Je joue, tu joues, il (l'enfant) joue

Pour débuter notre réflexion sur « fonction » du jeu chez l’enfant, ce au regard de la psychologie clinique, nous examinerons d’abord l’une des toute première observation relatée par écrit et issue de la clinique psychanalytique ; celle effectuée par S.Freud.

Synthèse et limite de notre propos Le temps de la synthèse est maintenant là. Que retenir de notre parcours dans le monde du jeu chez l’enfant ? Nul doute qu’au travers de notre réflexion, il est essentiel de retenir que si jouer (pour l’observateur profane) est une activité des plus banale, et même universelle, pour autant l’engagement psychique est profond. Comme nous avons pu le noter, le jeu de l’enfant s’inscrit avant tout dans la dynamique de son développement psychoaffectif, et ce en lien étroit avec la relation essentielle qu’il vit avec sa mère. Le jeu, dans cette dynamique, participe du dégagement de l’enfant à l’égard des toutes premières identifications. En cela il est une activité humanisante

Comment l'éducateur spécialisé accompagne-t-il la personne déficiente intellectuelle entre la prise en compte de son épanouissement personnel et les limites institutionnelles du travail en milieu protégé ?

C’est pourquoi je propose de travailler autour de la problématique : comment l'éducateur spécialisé accompagne-t-il la personne déficiente intellectuelle entre la prise en compte de son épanouissement personnel et les limites institutionnelles du travail en milieu protégé ? Mes hypothèses sont les suivantes : L'éducateur spécialisé adapte son accompagnement de la personne déficiente intellectuelle de sorte à ce que le travail en milieu protégé réponde à son épanouissement personnel. L'éducateur spécialisé accompagne la personne déficiente intellectuelle dans une prise en compte globale de sa problématique où seul l’outil travail ne suffit pas. Dans une première partie, je m’intéresse à l’évolution de la valeur travail au cours de l’histoire et de son articulation avec le travail en milieu protégé, pour aboutir aux récentes lois qui régissent l’intervention de l’éducateur spécialisé dans ce domaine. Ensuite je définis dans une deuxième partie la place de l’éducateur spécialisé autour des notions centrales de ma problématique (déficience intellectuelle, accompagnement, besoins et épanouissement). Dans ma troisième partie, j’aborde en quoi le travail en milieu protégé représente une source d’épanouissement pour la personne déficiente intellectuelle. Enfin dans ma dernière partie je montre les limites du travail en milieu protégé et la manière dont je définis l’accompagnement de l’éducateur spécialisé qu’il met en place pour tendre vers l’épanouissement de la personne déficiente intellectuelle.

La personne à la rue:attention fragile! L'ES entre ancrage social et repère dans la survie.

Comment je suis passée « de la rue à l’équipe » Mes premiers mois à l’antenne, j’étais vraiment dans l’émotion, l’émulation de la découverte et complètement conquise par cette apparente convivialité si simple, si accueillante des gens de la rue. Je me sentais plus proche d’eux que de l’équipe. D’ailleurs, je me sentais plus extérieure (sentiment d’être étudiante et observatrice, du à la formation toutes les matinées au siège de l’association) que membre à part entière d’une équipe et à ce titre responsable vis à vis de sa position avec les gens de la rue.

Avec du recul, je trouve cette période dangereuse tant pour le néophyte que pour l’équipe. Cette période a également été une période de tension car ma perception des situations étant faussée, je ne comprenais pas toujours les décisions d’équipe. Peu à peu, j’ai perdu mes illusions et mes idéaux (« Il suffit de les aimer pour que tout se débloque ») pour y gagner une attitude plus sereine, une humilité qui reconnaît son impuissance. J’ai notamment compris que protéger ces personnes était inutile. En vivant à la rue, ils ont déjà supporté l’insupportable. Ils peuvent vivre - survivre - sans nous. C’est à eux de faire des choix. De toute façon, il est inutile de les porter à bout de bras : au moindre relâchement de notre part, tout s’effondre. L’équipe et l’expérience m’ont appris à garder du recul par rapport aux évènements (positifs ou négatifs) qui leur arrivent et d’une manière générale, j’ai aujourd’hui plus de méfiance vis à vis de leurs propos et plus de distance vis à vis de leurs émotions.

Connexion

Educateur spécialisé

Abonnement

Recherche