Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Travailler avec les familles en MECS

Travailler avec les familles en MECS Différentes questions quant à la pratique de l’éducateur au sein de la MECS ont traversé mon esprit mais c’est bien cette idée de travail de collaboration et de partenariat qui a orienté mon choix d’étude et mes recherches. Le travail éducatif est un travail avant tout de rencontres avec l’autre, tout d’abord avec des personnes en difficulté, ce qui nécessite un travail d’accompagnement et de soutien autour d’une relation d’aide mais également avec différents partenaires de corps de métiers identiques ou non, relevant ici d’un travail de collaboration et de coopération. De nombreux individus peuvent ainsi se retrouver en lien les uns avec les autres au travers d’une situation en tout premier lieu empreinte de souffrance, avec une problématique à définir de façon à pouvoir apporter différentes solutions éducatives.

C’est au fur et à mesure de mon expérience professionnelle que cette question sur le travail de partenariat avec les familles s’est construite. En effet les différentes situations rencontrées au cours de ces cinq dernières années, m’ont amené à prendre conscience de l’intérêt d’une collaboration de la famille dans la prise en charge de l’enfant. Car la famille reste un élément déterminant dans la construction de l’individu, elle est effectivement en premier lieu l’institution qui ouvre l’enfant au monde, qui lui procure une identité et une histoire et qui le prépare à devenir un être socialisé, à trouver sa place au sein de notre société. Les familles rencontrées dans le cadre de mon travail en MECS ont toutes été confrontées à un moment donné, à des difficultés importantes nécessitant la séparation de l’enfant de son milieu : une défaillance dans son éducation, une impossibilité à pouvoir subvenir à ses besoins...différents dysfonctionnements venus s’ajouter à leurs propres problèmes entraînant dès lors le discrédit de leur statut de parent vis-à-vis de leur enfant, mais également de leur entourage et de surcroît de la société en général.
Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
Historique du document: 0
Licence

Chacun des éléments constituant le site SocioDoc.fr sont protégés par le droit d'auteur. Il est donc strictement interdit d'utiliser, reproduire ou représenter même partiellement, modifier, adapter, traduire, ou distribuer l'un quelconque des éléments.

En cochant la case ci-dessous, j'accepte les conditions générales d'utilisation de SocioDoc.fr.

Accepter le terme et la condition

Documents associés

L'inceste, mieux comprendre, pour mieux intervenir.

Introduction Août 1998, je fais les derniers préparatifs avant de partir en camp d’été, avec quelques garçons de l’établissement et mon collègue de travail. La Directrice de l’époque nous demande de la rejoindre dans son bureau, car un changement doit se faire dans l’effectif des jeunes. En effet, elle nous signifie qu’un garçon de douze ans doit arriver dans quelques heures à la gare. Je lui demande tout naturellement quelques renseignements concernant ce garçon. Ses réponses me font l’effet d’une « douche glacée ». Ce jeune est admis en urgence, car les services de l’A.S.E. ont fait un signalement pour « abus sexuels sur mineur de moins de quinze ans, par personne ayant autorité sur ledit mineur ». En d’autres termes, cet enfant a été victime d’inceste.

La situation est urgente et ne peut permettre la mise en place du protocole d’accueil habituellement usité. Un silence pesant s’est installé dans le bureau… Indescriptible, personne ne dit mot. Chacun est (peut-être) entrain de chercher ce qu’il va pouvoir dire… Mais que dire, à une victime de l’inceste ? Comment et faut-il aborder le sujet d’emblée ? Qu’allais-je faire avec lui durant ces dix jours de vacances à passer en sa compagnie ? Comment l’aider à « porter » ce poids ?… Je pourrais ainsi lister un répertoire de questions qui m’étaient venues à ce moment là. Mais c’est sur la route et en sa présence que j’ai compris que ce n’était pas tant de savoir quelles actions éducatives étaient à mettre en place qui me posait problème, mais qu’il s’agissait de moi, de ce que je pouvais ressentir face à cette situation. Les images qui venaient à mon esprit étaient insoutenables. Je ne savais pas comment « regarder » cet adolescent. Pour la première fois, je ne savais pas su me situer professionnellement car un « malaise profond » vis à vis de cette situation entravait mon action. Ainsi, ma recherche tentera-t-elle de cerner et de comprendre ce qui est en jeu dans la relation d’aide au public victime de violences sexuelles, avec pour objectif une utilisation de ces données, tant dans ma réflexion que dans ma pratique. De ce fait, mon étude, au delà de l’intérêt sociologique et théorique, met en évidence des enjeux professionnels qui méritent à la fois réflexion et approfondissement. Aussi, mes préoccupations d’ordre professionnelle constitueront-elles les tenants et les aboutissants de ma recherche.

A noter que le travail de théorisation est alimenté à chaque phase de mon travail par des éléments directement liés aux besoins des publics concernés et/ou à mes actions. De plus, ces apports théoriques permettront de « nourrir » des éventuels débats, réflexions, autour des pistes qu’elles suggère, pour une action plus efficace. Mon mémoire de fin d’études, n’est pas le lieu d’une évaluation du travail social, ni celui de plaidoyer ou de polémiquer sur telle ou telle institution, ou telle ou telle profession. Ainsi, tenterais-je à partir de ma propre expérience, d’identifier les raisons pour lesquelles un malaise « trouble et profond » surgi, face à une situation d’inceste. Il ne s’agit pas de savoir, uniquement ce qu’est l’inceste, bien que cela soit nécessaire de manière théorique, mais bien au delà de l’identification de ces situations, tenter de mieux me situer, pour mieux intervenir… Tenter de « balayer » mes a priori, mes préjugés.

Septembre 1986, le livre d’Eva Thomas, « Le viol du silence »·, est publié : témoignage émouvant et poignant d’une femme victime d’inceste à l’âge de quinze ans. Apporté par une victime, ce témoignage met à nu du ressenti et non une approche théorique à distance. Pour la première fois en France, le voile du silence est levé sur un sujet aussi tabou, les valeurs fondamentales sociales ébranlées et les discours forcément passionnels. Personne n’est indifférent, choqué, outré, curieux, compatissant, ce « séisme » provoque une résonance en chacun de nous. L’été 1988, meurtrier, on se souvient des enfants retrouvés assassinés après avoir été violés, n’a fait qu’amplifier cette prise de conscience collective et médiatique des dangers encourus par les enfants. En mars 1989, l’émission télévisée « Médiations », de François De Closets, est consacrée au thème de l’inceste, une première : de nombreuses femmes témoignent et livrent leur vérité au grand public, choqué, mais parfois incrédule, doutant d’une réalité insupportable. 

Entre l'être et le faire : l'autorité dans la relation éducative
Lors des multiples séjours auxquelles j’ai participé je n’ai jamais rencontré de difficulté majeure avec le public, tant au niveau de la relation que de ma position d’animatrice et de responsable. Avec ce stage, j’allais ainsi pouvoir repérer le travail d’une équipe éducative au quotidien dans une institution. Je pensais parvenir à me faire une place « naturellement » au sein de l’équipe institutionnelle et du groupe d’enfants. Cependant, j’ai été rapidement confronté à une toute autre réalité. Il est vrai que j’ai éprouvé des difficultés à me positionner en tant qu’adulte et professionnel face aux enfants. Pour moi cela s’expliquait par un manque d’autorité : je ne faisais pas figure d’autorité comme les autres adultes. Je ne représentais pas symboliquement l’autorité, en tout cas je n’étais pas reconnu en ce sens, donc les enfants ne m’écoutaient pas).
Adulte, adulte handicapé, un paradoxe ?

« Il me faudrait un congélateur » me dit Thierry. C’est ainsi qu’à mon arrivée dans ce foyer d’hébergement pour personnes adultes handicapées à Guebwiller, en Alsace, j’ai pu observer une situation qui m’a interrogé : une demande de la part de Thierry à son curateur, qui lui semble, me semble, nous semble (équipe éducative, pluridisciplinaire) simple, intéressante, appropriée et réalisable, et qui ne l’est pas forcément pour son curateur ; parce que chacun la vit justement, à son niveau, avec son histoire, ses références et sa propre représentation des choses. Et là, je me questionne sur cette notion d’adulte, en l’occurrence handicapé, un paradoxe ? Comment pour la personne adulte handicapée, ce statut d’adulte est-il pris en compte, comment dans mon quotidien je la perçois parce que je voudrais qu’elle puisse être, devenir « celle qui parle », celle qu’on entend et non « celle dont on parle ». Qu’elle puisse accéder à sa façon et à son rythme à ce qu’elle est, en tant que sujet humain, à la fois séparé de l’autre, parent/référent et donc unique et insérée dans des circuits d’échanges sociaux et affectifs. C’est une démarche éthique que je souhaite questionner.

Comment dépasser les angoisses individuelles en groupe ?

Face à ce constat apporté par les observations du quotidien, j'ai posé la problématique suivante : Comment dépasser les angoisses individuelles en groupe? Je me suis alors questionnée sur les difficultés, les angoisses que pouvaient rencontrer une personne déficiente visuelle avec handicaps associés dans son rapport à soi, dans sa rencontre au monde et dans sa place dans le groupe, qu'est ce qui vient faire souffrance? Le phénomène groupal vient soulever la place de chacun, leur histoire collective, leur relation...Comment deux personnes distinctes s'identifient à la même problématique? Comment la personne reconnaît elle les autres? Pourquoi les difficultés de l'une viennent réveiller celle des autres? Dans ces moments de crises, l'éducateur s'empresse de calmer les tensions alors que la violence, les cris permettent à la personne d'exprimer un mal qu'elle ne peut dire autrement. Comment l'éducateur aménage des espaces pour cette forme d'expression, tout en préservant les autres personnes du groupe? Comment l'éducateur soutient cette vie groupale en réponse aux problématiques individuelles?

Connexion

Educateur spécialisé

Abonnement

Recherche