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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

L'intervention éducative en CER

L'intervention éducative en CER

La prise en charge des mineurs délinquants est sans cesse en mouvement, la création des Centre éducatif renforcé en fait partie. Avec la montée des discours sur l’insécurité et le durcissement des lois envers les mineurs délinquant multiriécidivistes, le CER reste un bastion face à l’enfermement et l’incarcération de mineur en grande difficulté. La spécificité de la prise en charge des mineurs en CER pose des actes éducatifs qui reprennent les fondements de l’éducation spécialisée mais qui tiennent compte aussi de son évolution. C’est ce que j’ai essayé de démontrer et d’analyser à travers mon travail de recherche afin de pouvoir prendre ma position d’éducateur spécialisé, qui, par le développement de mes compétences, me permet d’avoir un regard critique sur le fonctionnement de la structure et d’essayer d’en voir tous les enjeux éducatif et sociaux.

L’éducateur est dans la société un acteur souvent tiraillé entre les commandes sociales auxquelles il est soumis et sa vision personnelle du monde dans lequel il vit. A mon sens, l’incarcération des mineurs devrait être exceptionnelle dans une société démocratique et républicaine, chaque enfermement de mineur quelle que soit son nombre de récidives, devrait interpeller la société toute entière. Mon choix de travailler au CER le Cirque auprès de ces jeunes est un choix éthique et professionnel. Il est vrai que le placement en CER n’est pas à mon sens suffisamment long pour que certains jeunes puisse régler tous leurs problèmes et repartir après trois mois de rupture pour une insertion professionnelle dans une filière ordinaire. De l’expérience des CER, on pourrait alors imaginer d’autres approches d’insertion tournées vers les besoins du jeune, tout en gardant pour un temps ce cadre renforcé et non vers celui de l’image que la société se fait du pouvoir de l’insertion professionnelle sur la réponse aux problèmes de délinquance.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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Documents associés

L'inceste, mieux comprendre, pour mieux intervenir.

Introduction Août 1998, je fais les derniers préparatifs avant de partir en camp d’été, avec quelques garçons de l’établissement et mon collègue de travail. La Directrice de l’époque nous demande de la rejoindre dans son bureau, car un changement doit se faire dans l’effectif des jeunes. En effet, elle nous signifie qu’un garçon de douze ans doit arriver dans quelques heures à la gare. Je lui demande tout naturellement quelques renseignements concernant ce garçon. Ses réponses me font l’effet d’une « douche glacée ». Ce jeune est admis en urgence, car les services de l’A.S.E. ont fait un signalement pour « abus sexuels sur mineur de moins de quinze ans, par personne ayant autorité sur ledit mineur ». En d’autres termes, cet enfant a été victime d’inceste.

La situation est urgente et ne peut permettre la mise en place du protocole d’accueil habituellement usité. Un silence pesant s’est installé dans le bureau… Indescriptible, personne ne dit mot. Chacun est (peut-être) entrain de chercher ce qu’il va pouvoir dire… Mais que dire, à une victime de l’inceste ? Comment et faut-il aborder le sujet d’emblée ? Qu’allais-je faire avec lui durant ces dix jours de vacances à passer en sa compagnie ? Comment l’aider à « porter » ce poids ?… Je pourrais ainsi lister un répertoire de questions qui m’étaient venues à ce moment là. Mais c’est sur la route et en sa présence que j’ai compris que ce n’était pas tant de savoir quelles actions éducatives étaient à mettre en place qui me posait problème, mais qu’il s’agissait de moi, de ce que je pouvais ressentir face à cette situation. Les images qui venaient à mon esprit étaient insoutenables. Je ne savais pas comment « regarder » cet adolescent. Pour la première fois, je ne savais pas su me situer professionnellement car un « malaise profond » vis à vis de cette situation entravait mon action. Ainsi, ma recherche tentera-t-elle de cerner et de comprendre ce qui est en jeu dans la relation d’aide au public victime de violences sexuelles, avec pour objectif une utilisation de ces données, tant dans ma réflexion que dans ma pratique. De ce fait, mon étude, au delà de l’intérêt sociologique et théorique, met en évidence des enjeux professionnels qui méritent à la fois réflexion et approfondissement. Aussi, mes préoccupations d’ordre professionnelle constitueront-elles les tenants et les aboutissants de ma recherche.

A noter que le travail de théorisation est alimenté à chaque phase de mon travail par des éléments directement liés aux besoins des publics concernés et/ou à mes actions. De plus, ces apports théoriques permettront de « nourrir » des éventuels débats, réflexions, autour des pistes qu’elles suggère, pour une action plus efficace. Mon mémoire de fin d’études, n’est pas le lieu d’une évaluation du travail social, ni celui de plaidoyer ou de polémiquer sur telle ou telle institution, ou telle ou telle profession. Ainsi, tenterais-je à partir de ma propre expérience, d’identifier les raisons pour lesquelles un malaise « trouble et profond » surgi, face à une situation d’inceste. Il ne s’agit pas de savoir, uniquement ce qu’est l’inceste, bien que cela soit nécessaire de manière théorique, mais bien au delà de l’identification de ces situations, tenter de mieux me situer, pour mieux intervenir… Tenter de « balayer » mes a priori, mes préjugés.

Septembre 1986, le livre d’Eva Thomas, « Le viol du silence »·, est publié : témoignage émouvant et poignant d’une femme victime d’inceste à l’âge de quinze ans. Apporté par une victime, ce témoignage met à nu du ressenti et non une approche théorique à distance. Pour la première fois en France, le voile du silence est levé sur un sujet aussi tabou, les valeurs fondamentales sociales ébranlées et les discours forcément passionnels. Personne n’est indifférent, choqué, outré, curieux, compatissant, ce « séisme » provoque une résonance en chacun de nous. L’été 1988, meurtrier, on se souvient des enfants retrouvés assassinés après avoir été violés, n’a fait qu’amplifier cette prise de conscience collective et médiatique des dangers encourus par les enfants. En mars 1989, l’émission télévisée « Médiations », de François De Closets, est consacrée au thème de l’inceste, une première : de nombreuses femmes témoignent et livrent leur vérité au grand public, choqué, mais parfois incrédule, doutant d’une réalité insupportable. 

Les phénomènes identitaires des adolescents tsiganes

Mon parcours personnel m’a amenée à m’intéresser à la question passionnante de la rencontre interculturelle, des barrières à dépasser pour éviter de porter des jugements de valeur ou de réduire ma perception d’autrui à sa différence par rapport à moi. J’ai souhaité prolonger cette réflexion personnelle dans un cadre professionnel. Les deux axes principaux de ce questionnement sont liés : il s’agit de la connaissance de « l’intégration à la française » et du positionnement professionnel de l’éducateur spécialisé face à des groupes ou des personnes de cultures très différentes de la sienne.

Une tentative de changement (Expérience d’Assistance Éducative en Milieu Ouvert)

Wilfrid et son Biberon En réalité, Wilfrid a neuf ans. Mais si l’on se fie à sa seule corpulence, il paraît avoir trois ans de plus. Cependant, il boit toujours un biberon de lait-fraise avant de se coucher. Il vit avec sa mère et sa petite sœur dans un village aux alentours de la grande ville. Son père vient seulement de les reconnaître civilement, lui et sa sœur, et ne vit pas au domicile familial en permanence, il possède un autre logement dans un autre village. Les parents disent préférer ne pas habiter ensemble pour éviter de se disputer. Au démarrage de la mesure d’Aémo, le père de Wilfrid ne s'implique donc pas autant que la mère dans son éducation et celle de sa petite sœur. Ce matin-là, c'est le premier jour des vacances de février, et j'ai rendez-vous avec Wilfrid pour l'accompagner à un stage de foot qui débute à 10 heures. Wilfrid a tenu a participer à ce stage pour faire une activité extra-scolaire pendant ses vacances, mais également parce qu'il s'est fait renvoyé dernièrement du club de foot dont il faisait partie depuis deux ans. Le motif du renvoi d'après le président du club et l'entraîneur est que Wilfrid est ingérable sur un terrain de foot, il grogne trop, agresse l'arbitre, insulte et provoque son entraîneur par des gestes vulgaires et pique de violentes colères sur ses co-équipiers, il se sauve aussi parfois du terrain avec la balle en main pour aller courir dans les vignes… Les parents de Wilfrid reconnaissent que leur fils peut être un garçon difficile, qui taquine sans arrêt l'autorité et dépasse souvent les limites qu'ils tentent de lui imposer. Néanmoins, ils ont très mal vécu ce renvoi, ils ont essayé auprès du président du club de faire valoir les capacités de leur fils à changer d'attitude après une punition moins lourde qu'un tel renvoi. Mais l'entraîneur et le président leur ont dit que les autres parents ne voulaient plus que Wilfrid fasse partie de l'équipe, et qu'ils ne pouvaient pour l'instant pas faire autrement que de l'exclure, question de satisfaire les autres parents et de lui donner « une leçon de conduite ». Sachant qu'un stage de 5 jours était organisé par la mairie hors du cadre du club de foot pendant les vacances, j'ai proposé à Wilfrid de s’y inscrire. Ce serait pour lui l’occasion de retaper dans le ballon et de prendre du bon temps pendant les vacances. Nous avons eu au préalable, avec ses parents et lui-même, de nombreuses discussions sur le comportement de Wilfrid, et nous n'avons pas remis en cause les motifs de son renvoi. Un tel comportement engendre forcément de l'exclusion, et le respect des autres et des règles est nécessaire dans une équipe de foot. Je me souviens qu’au cours d’une sortie équitation, j’avais déjà discuté avec Wilfrid sur la question de l’autorité, je lui avais conseillé de faire des efforts. J’avais également évoqué avec lui la question du biberon du soir, je lui avais fait des remarques en lui disant qu'il n'était plus un bébé maintenant, en lui signifiant un peu le côté ridicule de son caprice du soir. Á ce sujet, ses parents pensaient le problème comme insoluble mais s’étaient montrés d'accord pour ne plus céder à son caprice : « c'est vrai, monsieur, vous avez raison après tout, s'il veut un biberon, il n'a qu'à se le faire lui même, on ne cautionnera plus. Mais bon, ça ne marchera pas quand même… » Au sujet du renvoi du club, Wilfrid nous avait dit avoir compris sa faute, et ne plus vouloir reproduire ce genre de dérives, mais une rancœur semblait lui rester au fond de la gorge vis à vis de l'entraîneur en question... De toute façon, à la mairie, on m'avait dit que ce stage ne serait pas conduit par le même entraîneur, mais par des éducateurs sportifs différents que ceux du club. C'était alors l'occasion pour Wilfrid de se prouver, ainsi que de prouver à ses parents et aux autres enfants et parents du village, qu'il est tout à fait capable de bien se tenir sur un terrain. Après, on pourrait envisager de discuter avec son entraîneur pour que Wilfrid réintègre son club, afin que le renvoi ne soit pas définitif. Le matin du démarrage du stage, j’arrive un peu en avance au domicile, et Wilfrid n'est pas à la maison, il est déjà parti sur le terrain. Son père et sa mère m'accueillent, et me voyant un peu surpris de voir que Wilfrid ne m'avait pas attendu, Monsieur M, le papa de Wilfrid, part le chercher pour qu'on puisse discuter tous ensemble. Le stage ne débute que dans une demi-heure. Wilfrid revient avec son père, il nous explique qu’il avait peur que je ne vienne pas au rendez-vous, c’est pourquoi, selon lui, il nous avait devancé. Nous discutons un peu, puis nous repartons en voiture, son père vient avec nous. Nous faisons l'inscription dans un bureau municipal situé à côté du terrain, et nous apprenons là que c'est l'entraîneur habituel du club, finalement, qui va conduire le stage 3 jours sur 5. Wilfrid râle un peu, son père craint le pire, je dédramatise… L'inscription est faîte et il n'y a pas de raison que Wilfrid ne participe pas à ce stage. Quand nous arrivons près des vestiaires, l'entraîneur n'est pas encore là, il n'y a que des jeunes éducateurs sportifs qui gonflent les ballons. Peu d'enfants sont encore arrivés, nous sommes en avance. Wilfrid s'est arrêté au coin d'un bosquet sur un trottoir, accroupi, la tête baissée, il nous cache son regard et refuse de venir avec nous dans les vestiaires. Je lui dis de venir, son père aussi, mais Wilfrid boude et semble figé dans sa position de retrait. Son père commence à dire que ce n'est pas la peine, « quand il est comme ça, y'a rien à en tirer ». Je le sens prêt à se mettre en colère contre Wilfrid, mais je le devance, je rejoins Wilfrid, m'accroupis près de lui et lui murmure des mots rassurants en lui demandant de faire un effort, de ne pas faire le bébé… Il refuse de nous suivre, je n'insiste pas, me lève, rejoint le père dans les vestiaires, mais en passant la porte, je me retourne, je sens une présence, et en effet, Wilfrid me colle aux basques, avec un grand sourire… Son père est étonné, il me regarde et je vois dans ses prunelles comme un bravo qui s'affiche. Nous discutons un peu avec les éducateurs sportifs, ils sont plutôt contents que Wilfrid vienne participer à ce stage, du moins, ils n'y voient pas d'inconvénient, ce n'est pas le Club et Wilfrid a bien le droit d'être là au même titre que les autres enfants. Nous sommes maintenant sur le parking, Wilfrid a retrouvé des camarades, et je reste avec le père car nous tenons tous les deux à voir l'entraîneur avant que ne débute le stage, histoire de le rencontrer et surtout d'indiquer à ce monsieur que Wilfrid bénéficie d'un suivi éducatif et que nous pensons que sa participation à ce stage est nécessaire à son bien-être (physique et moral…). Une grosse voiture noire, genre Mercedes, débouche sur le parking et manque d'écraser des gosses sur son passage. Coups de freins violents… Monsieur M m'annonce qu'il s'agit de l'entraîneur alors que je viens devant lui de lâcher une remarque du genre : - « Il ne manque pas de culot celui-là ! Quel chauffard ! » Monsieur M. semble bienheureux de mon jugement car il m'avoue ne pas porter ce personnage dans son cœur. Je respire deux trois fois pour ravaler ma colère, et ce monsieur sort de sa voiture et se dirige vers nous. J'aurais avec lui une discussion calme et posée ne laissant pas paraître ma colère. Monsieur M. préfère se taire, je crois qu'il se mord les lèvres... L'entraîneur nous dit qu’il ne voit pas d'inconvénient à la participation de Wilfrid à ce stage. Nous saluons Wilfrid et nous nous retrouvons dans la voiture, son père et moi. Celui-ci s'exclame alors en m'avouant que lui n'arrivait pas à contrôler ses nerfs comme il m'avait vu faire. Et qu'il n'arrivait pas non plus à se faire entendre de Wilfrid sans lui mettre une claque ou un coup de pied aux fesses. C'est une des premières discussions que nous aurons autour de l'autorité du père, et de la nécessité de ne pas s'emporter au quart de tour. Ce ne sera pas la seule. Le fait que ce père m'ait vu en situation à l'extérieur du domicile agir avec son fils et des intervenants externes a pu lui donner des pistes pour faire évoluer son comportement de père. Ce père m’a ensuite réservé un accueil toujours très chaleureux et m’a semblé à l’écoute des conseils que j’ai tenté de lui apporter. Par la suite, après trois mois d'exclusion, Wilfrid a réintégré le club de foot. Et puisque ses parents ont refusé de lui préparer son biberon du soir en lui renvoyant qu’il n’avait qu’à se le préparer lui-même, Wilfrid a laissé tomber son caprice. Il ne réclame plus son biberon.

Les enjeux de la citoyenneté dans le Conseil de la Vie Sociale pour les usagers des I.M.E.

Educateur Spécialisé depuis un peu plus de 20 ans au sein d’institutions du secteur médico-social, je constate l’évolution des prises en charges des personnes accueillies. L’enfant, l’adulte, est de plus en plus sollicité pour donner son point de vue sur sa prise en charge, ses attentes en matière de choix de vie (projets professionnels, relations familiales, conditions d’hébergement, choix dans les loisirs, orientation sexuelle…). Cette transformation lente, mais certaine, des pratiques sociales et éducatives, s’accompagne également d’une évolution des relations entre les institutions et celles et ceux qu’elles accueillent. Cette évolution se déroule en parallèle avec celle de la société, et les adaptations institutionnelles de nos pratiques, nos ajustements professionnels ne sont bien souvent que les transpositions de l’évolution des valeurs sociétales, au sein même du secteur sanitaire et social. Ces évolutions sont souvent entérinées par la loi, qui parfois les incite, quelque fois les impose.

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