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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Comprendre, s'approprier, se projeter - Accompagner l'enfant vers la mise en sens de son accueil en MECS

Comprendre, s'approprier, se projeter - Accompagner l'enfant vers la  mise en sens de son accueil en MECS

En effet, en observant les jeunes au quotidien, je me suis rendu compte qu’ils ont du mal à comprendre, pour la plupart, leur situation. Ils disent en effet ne pas accepter la mesure de placement, certains nient les difficultés familiales, adoptent des conduites d’échec, et adhèrent difficilement au projet que nous essayons de mettre en place avec eux. Cependant, au travers de ces manifestations, j’ai aussi repéré des jeunes qui se sentent coupables, qui craignent d’être de nouveaux « abandonnés », qui sont en quête manifeste d’affection et qui semble s’apaiser au sein de la Maison d'Enfants. Ainsi les jeunes se retrouvent souvent en prise avec des sentiments clivés pour essayer de vivre au mieux leur situation qu’ils ne comprennent pas. Plusieurs questionnements sont apparus suite à ces différentes observations : quels sont les causes et les objectifs des séparations parents-enfants dans le cadre d’un placement ? Qu’est ce qui peut contribuer au fait que les jeunes adoptent ce comportement de refus du placement ? Vers quoi l’accompagnement éducatif s’oriente pour amener l’enfant vers la compréhension de la mesure ? Partant de l’observation que le phénomène de « séparation-placement », entraînait chez l’enfant des sentiments ambivalents qui ne lui permettaient pas d’investir le placement, j’ai posé les hypothèses suivantes.

L’accompagnement éducatif tend à permettre au jeune de mettre du sens sur son placement et de se projeter dans une perspective d’avenir. Ma seconde hypothèse est que les outils qui permettent cette mise en sens sont le travail autour de la temporalité, l’écoute, la disponibilité proposé par l’éducateur et le travail engagé auprès de la famille. Afin de vérifier ces hypothèses, je tiens à étayer mon exposé d’exemples tirés de mon expérience et de celles de mes collègues. Je tiens cependant à préciser que la particularité des difficultés parentales, la reconduction des mesures (8 jeunes sur 10 sont accueillis depuis plus de trois ans) m’amène à moduler mes propos et à ne pas les généraliser. En cela il m’importe de préciser que ma réflexion fait principalement état de mes observations auprès des jeunes du groupe 2 de la Maison d'Enfants Verdier et de leurs parents. Dans un premier chapitre, je retrace l’évolution, au cours des siècles, des comportements sociaux à l’égard de la protection de l’enfance avant d’en expliquer le fonctionnement actuel. Je distingue ainsi les mesures de prévention administrative des mesures judiciaires, avant d’aborder le contexte d’un accueil en MECS. J’essaie ensuite de préciser clairement à l’aide d’exemples, quelles sont les difficultés qui ont été repérées dans la cellule familiale et qui ont provoqué une mesure de placement.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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Documents associés

La maîtrise du pronom d'adresse, un outil au service de l'éducateur.

Pourquoi écrire tout un mémoire d’éducateur spécialisé sur une si petite question ? Vous l’êtes-vous déjà posée cette petite question ? Personnellement, je me la suis posée à chaque nouveau stage, et je me la pose encore chaque fois que je rencontre un nouvel interlocuteur, tout particulièrement dans un cadre professionnel. Cela m’a amené à réfléchir sur le sens de ces deux pronoms d’adresse dont je traite et que sont le tu et le vous. Les premières recherches faites sur le sujet m’ont convaincues que le choix du tutoiement ou du vouvoiement n’était pas aussi simple que la question, en elle-même, était petite.

J’ai alors mieux compris pourquoi je me retrouvais si souvent dans des situations où je ne savais pas comment m’adresser à l’autre, l’usager, le jeune, « l’ado », l’adulte. Difficile, en effet, de faire un choix entre deux pronoms d’adresse si polysémiques !

L'humour au bout des doigts : l'humour comme outil éducatif

J’ai effectué mon stage à responsabilité éducative au sein d’un Institut de Jeunes Sourds (IJS) à S-E. Le stage s’inscrivait dans mon projet de formation, à savoir, la perspective de travailler auprès de jeunes sourds. En effet, mes expériences antérieures m’ont amenée à travailler auprès de ce public. J’ai d’ailleurs appris la Langue des Signes Française (LSF) afin de me doter d’un outil qui me paraissait essentiel pour un éducateur, communiquer avec les jeunes. Lors de ce stage, j’ai pu constater qu’il était parfois difficile d’entrer en communication avec certains jeunes malgré la maîtrise de la LSF. A ce propos, j’ai été confrontée à certaines situations qui m’ont mise en difficulté, notamment avec deux adolescentes.

Dès mon arrivée en stage, j’ai rencontré une situation difficile avec une jeune fille âgée de 16 ans, Claire. Lorsque je lui demandais d’aller dans sa chambre, pour travailler, elle se sentait agressée. Elle se mettait à crier, disait qu’elle en avait marre de l’IJS. Puis elle rentrait dans sa chambre en claquant violemment la porte. Je pouvais l’entendre taper contre les murs, tellement elle était énervée. Chaque fois que je lui demandais de faire quelque chose, cela finissait par un conflit. Quant à Mathilde, la communication était presque inexistante. Je rencontrais effectivement des difficultés tenant plus de la relation. Lorsque je tentais d’entamer une discussion avec elle, soit elle fuyait, soit elle détournait le regard, le moyen de couper la communication. J’avais l ‘impression de ne pas exister à ses yeux. Je n’arrivais pas à parler avec elle. Cette situation était très difficile : je me sentais maladroite dans ma façon d’agir. En observant les éducateurs et les jeunes, je me suis aperçue que l’humour tenait une place importante dans leurs relations.

Cependant, je remarquais une distinction entre l’utilisation de l’humour par les éducateurs entendants et les éducateurs sourds. En effet, Les éducateurs entendants utilisaient un humour auquel les jeunes étaient plus ou moins réceptifs selon la forme d’humour employé. Les éducateurs sourds, en revanche, faisaient usage d’une autre forme d’humour auquelle les jeunes sourds étaient plus perméables. D’ailleurs, les jeunes utilisaient la même forme d’humour entre eux. Ce n’est pas le même humour. On distingue donc deux humours, l’humour sourd et l’humour entendant.

L’accompagnement de l’adulte souffrant de troubles mentaux en CHRS
Monsieur Eric déambulait dans le couloir du Centre. Je ne le connaissais pas. Sa démarche était rapide, son regard absent, un lent monologue l’animait. Je m’approchais de lui et le saluais. Il ne me répondit pas, ne marqua pas de pose et se dirigea vers sa chambre. Je rencontrais l’étrangeté d’un individu qui me semblait être hors de la réalité immédiate, me retrouvais seul avec mon bonjour, comme si cette recherche de lien ne prenait pas sens pour l’usager. Au-delà de cette absence de communication, d’échange, c’est la présence, la visibilité du corps dans ce qu’il donnait à voir qui retint mon attention – « le corps (…) est la trace la plus tangible du sujet, dès lors que se distendent la trame symbolique et les liens qui le rattachait aux membres de sa communauté » - et me questionnait : n’avais-je pas été présent physiquement à ses yeux pour que la parole ne puisse émerger entre lui et moi ? Fallait-il peut-être ne pas chercher de suite à établir un contact mais laisser l’autre appréhender ma personne, le nouvel éducateur de l’équipe ? Comment faire en sorte que le résidant retrouve une adhésion à son environnement immédiat, à l’environnement social ? Depuis maintenant plus de trois ans, ces questions, parmi d’autres, alimentent ma pratique socio-éducative auprès d’adultes ayant des troubles mentaux stabilisés, hébergés en Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (C.H.R.S.) . Ainsi, le C.H.R.S., au regard de ce public spécifique, est un lieu d’hébergement transitoire, une passerelle qui fait lien entre un avant – une hospitalisation en psychiatrie – et un après, un devenir et la place qu’occupera l’individu au sein du corps social.
Les enfants errants de l’immigration.

Aussi, il ne s’agira pas ici de tenter de traiter le problème de l’immigration en tant que telle, avec son cortège de tragédies, de difficultés et parfois de réussite. Il ne sera pas question non plus de décrire ni de proposer quelque alternative que ce soit à l’épineux problème des sans papiers. Ni même d’évoquer des corollaires du phénomène migratoire en terme d’intégration culturelle : port du foulard, la beur- génération etc.… . Il ne s’agira encore moins de proposer une solution à quoi que ce soit. Mais, plus humblement, de tenter en premier lieu de décrire une situation faisant problème. En effet nombre de ces images, fantasmées des enfants errants de l’immigration, prennent corps dans les couloirs des gares avant que de hanter les commissariats pour se voir, un soir, accueillir dans un foyer chargé de la protection de l’Enfance. Car il s’agira ici, de démontrer qu’un mineur est avant tout un enfant et seulement un enfant et qu’a ce titre là, il sera protégé quoi qu’il en soit de sa situation légale concernant ces papiers.

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