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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

L’éducateur face à la défaillance de la fonction paternelle

L’éducateur face à la défaillance de la fonction paternelle

L’intérêt que j’ai porté à cette réflexion vient du fait que dans le service d’AEMO administrative où j’ai effectué mon stage de troisième année, près de la moitié des familles étaient monoparentales et que dans l’autre moitié le père avait une place effacée. Ce choix m’est venu à l’esprit sur le constat fait face à l’absence physique ou non du père ou son effacement au sein de familles en difficultés. Le père n’est-il pas souvent la cause de l’éclatement de la cellule familiale ? Leur absence, surtout dans les quartiers difficiles, peut-elle expliquer pour une part les comportements des enfants en difficultés ? A travers cette réflexion sur le travail éducatif auprès et autour du père, se pose aussi la question de la place de l’éducateur homme face aux familles qui souffrent de défaillances paternelles dans une profession où les femmes sont majoritaires et qui se féminise de plus en plus. Mon travail va consister dans une première partie à déterminer le rôle du père sous les aspects psychologique et sociologique ainsi que dans le développement de l’enfant. Je dresserai un historique de la paternité, montrerai l’évolution de son rôle des années 1965 à aujourd’hui. Dans une deuxième partie je définirai le rôle de l’éducateur, sa place face à un père « absent », effacé, voir dévalorisé et quel travail éducatif il peut être fait autour du père par rapport aux enfant, la mère, et lui. Une analyse de différentes situations rencontrées sera également faite.

Cette réflexion s’appuie donc sur une recherche psychologique, psychanalytique, sociologique, l’analyse de situations rencontrées dans la pratique professionnelle. Ma pensée est un regard sur l’importance de la place du père auprès de l’enfant, même quand il est absent. Mon objectif est de montrer que la pratique éducative menée autour du père, de sa fonction, est essentielle à la construction de l’enfant, à son développement. Première partie : « le père ». I] Rôle du père . 1) Aspect psychologique. Il est admis par la quasi-totalité des cliniciens que le père, dans la construction de l’enfant, agit comme tiers séparateur dans la relation mère-enfant, « il est d’abord celui qui sépare, qui coupe le cordon ombilical que les conditions de la naissance ont instauré entre la mère et l’enfant »*. Dans cette phase de séparation, il introduit l’enfant à la différence et empêche symboliquement que la fusion mère-enfant ne se prolonge au-delà du nécessaire. Le père est le premier étranger que l’enfant va rencontrer en dehors du ventre de sa mère, et va devenir le troisième élément dans cette histoire d’amour. Par sa simple présence il impose un premier élément de différenciation, il introduit un facteur de séparation entre la mère et l’enfant. Le père est celui qui va créer une brèche dans la relation qu’a l’enfant avec sa mère. Celle-ci va aider, permettre à l’enfant de se tourner vers ce père. La valorisation du père par la mère, peut également faciliter une relation entre le père et l’enfant. Pour éviter un risque de fusion entre l’enfant et sa mère, il faut donc trouver un tiers ( père, famille…). L’enfant et la mère ne doivent pas faire un couple. Ce « père » qui est peu à découvert par l’enfant, n’est pas toujours le bienvenu car il va obliger l’enfant et la mère à prendre de la distance. L’enfant va essayer de contourner ce « père », qui peut devenir un objet à séduire ou un objet à haïr. En le séduisant, l’enfant peut tenir le rôle de la mère par rapport au père. Il peut y avoir identification à la mère, fille ou garçon. On s’aperçoit que la première identification du fils, du garçon est homosexuelle car il s’identifie à la mère pour séduire le père. Il y a fusion union dans le désir. L’identification de la fille est hétérosexuelle car elle va commencer à construire sa sexualité dès son plus jeune âge. La mère n’a pas les mêmes intentions avec son fils. Le père est donc aussi objet à haïr parce qu’il représente un danger, une concurrence vis à vis de la mère. L’enfant se dit que si ce tiers n’existait pas, il n’y aurait plus d’obstacles, que s’il pouvait l’éliminer, il pourrait rester un couple avec sa mère. Ce tiers permet au garçon de trouver un objet à haïr, de détourner ses pulsions de destruction, de mort vers cet objet. Il va y avoir identification à cet objet car finalement s’il n’arrive pas à le détruire, autant s’identifier à lui car il est le plus fort. Le père permet donc au garçon de trouver un modèle identificatoire. Dans la relation père-fille, le père fait également barrage à l’inceste, mais en tant que symbole d’une position virile, il permet à la fille de trouver une sorte d’idéal de l’autre sexe, le modèle de féminité étant donné par la mère. S’il y a rivalité, elle est dans la relation mère-fille. Le regard du père est donc important sur la fille, et il se doit donc d’être vigilant avec elle. Dans la pensée de la mère, la fille est le prolongement d’elle-même. Cela peut-être aussi une forme de pouvoir vis à vis du père, d’une emprise. En figurant les interdictions du « surmoi », le père contribue à la construction psychique de l’enfant des deux sexes. Il va également jouer un rôle majeur dans la construction de l’identité sexuée de l’enfant, « rôle de confirmation pour le garçon, rôle de révélation pour la fille »*. Freud** a également montré l’importance de l’environnement familial dans la construction du « Moi », avec la notion de désir de vivre. Dans le « Surmoi », le rôle du père est essentiel car il représente les premiers interdits. Le « Surmoi » se réfère souvent à une instance morale, un interdit. Il est lié à la vie pulsionnelle et à la culpabilité car nous avons en nous des pulsions, des interdits qui nous envahissent. Cette culpabilité va trouver sa traduction dans la période œdipienne, avec les interdits de l’inceste, du meurtre et aussi tous les autres interdits. L’entrée en scène d’un interdit extérieur, en l’occurrence le père, va donner un sens à la culpabilité qu’éprouve l’enfant.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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J’ai mis à profit mes trois années de formation pour comprendre comment l’exclusion touche les individus, et cela dans une approche multidimensionnelle ; c'est-à-dire ne pas uniquement me focaliser sur les situations d’exclusion, mais sur les processus qui ont conduit les individus à ces situations. Pour cela les apports théoriques des différentes disciplines (économie, sociologie, droit, …) m’ont été nécessaires pour faire constamment un lien avec la pratique que j’ai pu exercer sur les terrains de stage, et ainsi mieux articuler le sens du travail éducatif dans une approche pluridisciplinaire. De ce fait, j’ai pu aborder ma première année de formation en effectuant mon stage de découverte au SAMU SOCIAL de Lille. Celui-ci s’inscrit dans un groupement d’association contre l’exclusion appelé CMAO (Coordination Mobile d’Accueil et d’Orientation) et intervient au titre de l’urgence sociale. Sa mission première est de résoudre la problématique de l’hébergement dans le cadre d’un accueil d’urgence.
Parole d’enfants, parole de parents pour une participation partagée : Une mutualisation des savoirs et des compétences
Dans un ouvrage exclusivement dédié à la question de la participation des usagers, L’UNIOPSS donne la définition suivante : « la participation des personnes en situation d'exclusion relève d'une logique où l'on fait « avec » elles, et non plus « pour » elles : elles prennent part à l'élaboration, à la mise en oeuvre et à l'évaluation d'un projet, d'un service, d'une politique, afin que ceux-ci soient définis au plus proche de leurs besoins et contribuent le plus efficacement possible à leur insertion ». Si on se réfère à l’origine des mots, à leur étymologie, la notion de participation désigne « le fait de prendre part à une action collective, de s’associer pour être ensemble porteurs de projets, de propositions, de revendications (...) Ainsi la participation a comme objectif principal l’accès à une citoyenneté pleine et entière. » La question de la participation est pour l’éducatrice spécialisée en formation que je suis, une question sensible. Aussi ai-je souhaité construire mon projet de fin de formation sur cet objet. Par ailleurs, le cadre règlementaire construit depuis 2002 à ce sujet n’a cessé d’évoluer. Les récentes évaluations externes (66% des institutions SMS* sur le plan national en 2014)3, conduisent à penser l’intervention sociale à un tournant important de son histoire ; le renforcement de la question de l’empowerment, et l’impérieuse nécessité d’impliquer concrètement l’usager et sa famille dans son accompagnement pour aller vers une inclusion sociale dépassant la simple adhésion au projet personnalisé pour aller vers une co-élaboration et une co-construction de ce dernier. Cette dernière année de formation a été pour moi l’occasion de m’intégrer dans l’équipe éducative de l’Institut Médico Educatif (IME*) où j’ai effectué mon stage. Le Chef De Service Educatif (CDSE*) a souhaité, dans une perspective d’évolution de son service que la question de la participation des familles au projet personnalisé du jeune soit abordée. Profitant de ma position particulière d’étudiante (en lien avec l’IRTS*), il m’a demandé, avec le concours de l’équipe éducative de penser et d’agir cette question. Nous avons eu l’occasion de préciser cette demande et de la transformer en commande : Comment introduire les familles de manière participative, dans l’élaboration de la demande de séjour en hébergement séquentiel a visée éducative. Cette demande fait suite à un travail commandé lors de ma deuxième année, portant sur une analyse quantitative et donc statistique sur ce dispositif. Après un mois au sein de l’IME, j’ai intégré ce dispositif avec des représentations qui se sont par la suite déconstruites. Dans un premier temps, je me suis questionnée sur l’histoire de ce dispositif, son évolution depuis 2002 puis j’ai observé son fonctionnement et enfin procédé à des accompagnements. L’accueil des jeunes se fait après une demande de séjour où apparaissent les objectifs de travail, c’est à partir de cette demande que j’ai pu faire part de mes interrogations éthiques à l’équipe éducative : - Pourquoi les familles et les jeunes ne sont pas associés à la co-construction de cette demande de séjour ? - Pourquoi n’y a-t-il pas un modèle unique de demande de séjour ? - Pourquoi n’associe-t-on pas les familles ? - A quelle place peut prétendre la famille ? Certains professionnels ont énoncé des craintes (mises en garde) relatives à la place des familles dans l’accompagnement arguant du fait qu’elles pouvaient devenir envahissantes. Un débat s’est construit autour de cette question avec des points de vue différents et parfois opposés. Tout cela nous a conduits à réfléchir collectivement sur notre positionnement professionnel, sur l’ouverture de l’établissement.
J'ai mal à mes parents: maintien des liens parents enfants en A.E.M.O. judiciaire.

INTRODUCTION J’ai exercé mon stage à responsabilité dans un service d’Assistance Educative en Milieu Ouvert (A.E.M.O.) judiciaire. Cette expérience m’a permis de renforcer mon intérêt pour les relations défaillantes voire parfois pathologiques entre les parents et leur enfant. Dans ce contexte, j’ai tenté de déterminer le mode d’intervention de l’éducateur pour amener cette relation à évoluer dans l’intérêt de l’enfant, sachant que ce professionnel se retrouve dans sa mission, partagé entre le soutien à la parentalité et la protection de l’enfance.

Le lien familial, et notamment celui qui s’instaure entre les parents et leurs enfants est primordial dans la construction identitaire des jeunes. En effet, la famille permet à l’enfant de se construire dans un milieu social identifiable et cet attachement qui s’origine dans l’enfance, le structure toute sa vie. Les relations familiales sont définies en fonction de leur intensité et de leur qualité. Ainsi, nous pouvons observer différents niveaux de liens parents-enfants. Ils peuvent être forts voire fusionnels ou au contraire rester pauvres, se détériorer puis finir par devenir inexistants. Tout au long de mon stage, j’ai appris à identifier et à qualifier la nature de ces liens afin de les amener à évoluer positivement.

Hébergement collectif et vivre-ensemble, bases d’un travail de réinsertion sociale auprès des adultes en situation d’exclusion sociale

J’ai donc choisi d’explorer l’action collective de l’éducateur auprès des adultes accueillis en CHRS. Par action collective, je n’entends pas le travail de groupe, mais un travail autour du vivre-ensemble, c’est-à-dire une cohabitation d’un ensemble d’individus. Mon hypothèse de travail est que ce vivre-ensemble crée un étayage à la personne, œuvrant en cela à sa réinsertion. Dans cette recherche, l’ouvrage qui a guidé ma réflexion a été écrit par Thierry Goguel d’Allondans et Myriam Klinger à propos de l’hospitalité comme forme d’accueil des adultes en difficulté sociale[1]. Le vivre-ensemble et l’hospitalité seraient alors les outils-clés de l’éducateur pour une action collective suffisamment étayante. C’est dans ce cadre que l’éducateur est un élément clé, jouant le rôle de médiateur entre la dimension collective du CHRS et l’expérience individuelle du résident, ce que nous chercherons à montrer dans cet écrit.

Pour vérifier ou infirmer ces hypothèses, j’ai développé la problématique suivante : En quoi l’hébergement collectif et le vivre-ensemble peuvent-il être un outil socio-éducatif auprès des personnes exclues accueillies en CHRS et la base d’un travail de réinsertion sociale ?

J’ai alors construit ce mémoire en trois parties, en m’intéressant successivement à chacun des acteurs de ce vivre-ensemble : le résident, l’établissement d’accueil et enfin l’éducateur. Peu à peu, j’ai voulu montrer en quoi la conjugaison de ces acteurs pouvait participer à la réinsertion. En première partie, je me suis intéressée au résident. Mais qui est la personne que nous accueillons ? J’ai utilisé différents angles, descriptifs et théoriques, pour voir ensuite quelle est la situation du résident par rapport au lien social et au vivre-ensemble. Ceci m’a menée à étudier le CHRS, pour voir quelles réponses il pouvait donner au résident. Après avoir étudié le contexte historique et légal, je me suis demandée quelle réalité se cachait derrière les termes si souvent utilisés « habiter » et « héberger ». Enfin, le dernier acteur, l’éducateur, fait l’objet d’une troisième partie, dans laquelle je décris les différentes modalités de son intervention.

[1] GOGUEL D’ALLONDANS Thierry, KLINGER Myriam, Errances et hospitalité. L’accueil et l’accompagnement d’adultes en difficulté La Cité-Relais à Strasbourg, Toulouse, Erès, collection Ethiss, 1991

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