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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

De la culpabilité du handicap à l'estime de soi

De la culpabilité du handicap à l'estime de soi

Durant sept mois, j’ai partagé le quotidien de jeunes déficients moteurs âgés de 4 à 20 ans, et plus particulièrement celui des adolescents, si l’on considère que l’enfance se termine aux environs de 12 ans et que l’âge adulte commence à la majorité. Ce fut ma première expérience dans ce domaine du handicap moteur. J’avais choisi d’effectuer mon stage à responsabilité éducative auprès de cette population afin de me questionner quant à l’accompagnement de l’éducateur face à cette problématique de l’adolescence liée également à celle du handicap. Je me demandais, en effet, comment l’éducateur pouvait soutenir l’adolescent dans une période de grande sensibilité et de mal-être, pendant laquelle le corps déjà meurtri, du fait du handicap, était amené à changer.

Comme j’ai pu le présenter à travers cet écrit professionnel, les adolescents atteints d’un handicap moteur se construisent principalement à partir de ce que leur projette leur entourage et surtout leurs parents. Et quand ils perçoivent chez ses derniers une souffrance engendrée par le handicap, les adolescents peuvent alors être amenés à développer un sentiment de culpabilité. Je n’entends pas que celui-ci soit présent dans toute famille confrontée à la déficience motrice. De la même manière, je tiens à préciser que parler de souffrance chez certains jeunes ne me conduit en aucun cas à oublier tous les bons moments passés à leur côté. Cependant, la culpabilité peut exister, telle qu’elle me l’a été témoignée par ces adolescents au cours de mon stage à responsabilité.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
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L'éducateur auprès d'adolescents (protection de l'enfance)

J’ai effectué mon stage à responsabilité dans une Villa éducative accueillant des adolescents de quinze à dix-huit ans. Au cours de ce mémoire, pour me référer à mon lieu de stage, je dirai simplement « la Villa ». Les adolescents accueillis à la Villa sont placés dans le cadre de mesures de protection de l’enfance définies dans l’article 375 du code civil. Ils sont placés suite à une ordonnance du juge des enfants qui vient affirmer une défaillance parentale concernant l’éducation de l’ enfant. Cette défaillance peut prendre diverses formes, du défaut de surveillance à la maltraitance.

Le premier jour de mon stage, à la question « que fait un éducateur à la villa ? », il m’a été répondu ceci : « nous ne sommes pas les parents, mais nous devons faire tout ce qu’un parent fait ordinairement pour l’éducation de son enfant ». Cette affirmation m’a interrogée, d’une part sur le terme « ordinairement » et sur le parallèle effectué entre parents et éducateurs. Par la suite, j’ai compris que ce parallèle se situe dans la fonction et se joue donc au niveau symbolique. Or toute fonction, pour opérer, a besoin d’être incarnée. Aussi ai-je dégagé qu’un éducateur dont la pratique se situe dans des structures d’internat dans le cadre de la protection de l’enfance assume des fonctions parentales dans la mesure où il suplée les parents pour un temps. Il m’est alors paru nécessaire d’approfondir la notion de fonction parentale afin de mieux comprendre ce qui constitue la pratique éducative dans le cadre d’une suppléance parentale. Par ailleurs, mon expérience antérieure à la formation concernait essentiellement la petite enfance : les adolescents, public nouveau pour moi, ont amené de nouvelles questions. J’ai très vite perçu qu’on ne se situe pas auprès d’adolescents comme on se situe auprès de petits enfants.

Les comportements, les réactions des jeunes accueillis à la Villa m’ont ainsi souvent interpellée, voire un peu destabilisée durant les tout premiers temps de mon stage. La confrontation à ce public nouveau a donc été l’occasion de me pencher sur les phénomènes à l’œuvre durant l’adolescence. Par un travail de recherche, j’ai ainsi pu dégager que l’adolescence est un processus qui amène un sujet à s’individuer et à intégrer la société. Cette recherche m’a également permis d’éclairer certains comportements et affiner mon accompagnement auprès des adolescents. Au fur et à mesure de mon stage, j’ai aussi pu mesurer que les problématiques habituelles de l’adolescence se voyaient alourdies, chez les adolescents placés, par des problématiques plus complexes, qu’il m’a donc fallu clarifier. Je pouvais percevoir ces problématiques au travers des discours, des comportements et des actes posés par les jeunes. Par un travail d’écoute auprès d’eux d’une part, et par un travail de recherche théorique d’autre part, j’ai ainsi pu faire le lien entre l’histoire personnelle des jeunes et leur situation au présent. Ainsi, en prenant en compte tous ces éléments, à savoir : -la pratique d’un éducateur d’internat dans le cadre de la protection de l’enfance se situe dans la suppléance parentale et il en assume les fonctions -l’adolescence est un processus qui amène à devenir un individu autonome appartenant à la société -les adolescents placés en institution rencontrent des difficultés supplémentaires liées à leur petite enfance et l’histoire familiale, j’ai cherché à définir ce qui fait la spécificité de la pratique éducative auprès d’adolescents placés.

Par les discussions avec les éducateurs de la Villa et avec mes collègues éducateurs en formation de l’IRTS, par des rencontres avec des auteurs par l’intermédiaire d’ouvrages, et aussi grâce à mon expérience de terrain construite jour après jour, il m’a semblé que notre rôle était de soutenir le processus d’individuation et de construction de l’adolescent. Pour ce faire, je crois que l’accompagnement des adolescent ressort surtout de la fonction paternelle, ce que je me propose de développer dans cet écrit de fin de formation. Pour éclairer mon propos et mon cheminement, je souhaite délimiter tout d’abord ce que l’on entend par fonction parentale, notion s’articulant selon deux fonctions, la fonction maternelle et la fonction paternelle. Elles sont indissociables l’une de l’autre, car pour bien comprendre à quoi sert l’une il est nécessaire de comprendre à quoi sert l’autre. Ensuite, je voudrais rendre compte de mes recherches concernant l’adolescence, qui mettent en lumière combien ce passage de la vie de tout humain est une étape aussi capitale que difficile, et permettent par ailleurs de situer la place de l’adulte dans ce processus. Puis je me pencherai plus précisémment sur les problématiques que j’ai pu rencontrer chez les adolescents que j’ai accompagné une année durant, dans une tentative d’analyse et de mise en lien des éléments de leur histoire, ceci ouvrant la question de la place à tenir auprès d’eux. Enfin, j’essaierai de définir quelle est cette place à tenir sur la base qu’accompagner un jeune dans son adolescence, c’est le soutenir dans la construction de sa parole et de ses choix en tant que sujet responsable, en lui permettant de trouver des repères et des limites.

Un accueil de jour pour personnes en grande précarité
Les missions de l’ADJ, d’accompagnement, d’orientation, d’information, de prévention auprès de personnes en grande souffrance, doivent s’appuyer sur un travail de revalorisation, un travail autour de l’estime de soi indispensable à l’émergence quand cela est possible de nouveaux désirs. Ce travail permet l’inscription de ces personnes dans d’autres types de démarches ou de projets (soins, logement…). Aussi dans ce mémoire, je vais surtout m’appuyer sur un des aspects de cet accompagnement que je mène depuis maintenant six ans à travers des activités en groupe. Pour tenter de répondre à cette question, il me semble essentiel de commencer par présenter dans la première partie mon lieu d’exercice professionnel. La deuxième partie sera consacrée à la présentation des problématiques du public accueilli avec les éléments permettant de nourrir la réflexion. Puis dans la troisième partie je définirais les différentes facettes de l’exclusion. La quatrième et dernière partie permettra de voir comment l’activité et le groupe vont pouvoir répondre à ces problématiques et de mener une réflexion sur ma pratique professionnelle. Chaque partie est accompagnée d’illustrations d’exemples avec des prénoms fictifs et des éclairages d’apports théoriques.
Toucher n’est pas jouer : Comprendre son passé, pour mieux envisager son avenir.
Quels sont les moyens dont dispose l’éducateur pour favoriser l’émergence d’une parole de l’enfant ou de l’adolescent et la restauration de sa place ? Des situations similaires à celles de Romain m’amèneront à penser que la problématique incestueuse sous-jacente empêche l’enfant de parler si les conditions de recueil de sa parole ne sont pas mises en place. Partant de ces interrogations, j’ai alors formulé le questionnement suivant : Comment en tant qu’éducateur en service de placement familial, pouvons-nous recueillir, traiter et accompagner la parole d’un enfant ou d’un adolescent victime d’inceste ? De quels outils disposons-nous pour favoriser l’émergence progressive d’une parole ? A partir de ces questionnements, et à partir du travail de recherche entrepris, je suis amenée à formuler plusieurs hypothèses :
L’éducateur face à la défaillance de la fonction paternelle

L’intérêt que j’ai porté à cette réflexion vient du fait que dans le service d’AEMO administrative où j’ai effectué mon stage de troisième année, près de la moitié des familles étaient monoparentales et que dans l’autre moitié le père avait une place effacée. Ce choix m’est venu à l’esprit sur le constat fait face à l’absence physique ou non du père ou son effacement au sein de familles en difficultés. Le père n’est-il pas souvent la cause de l’éclatement de la cellule familiale ? Leur absence, surtout dans les quartiers difficiles, peut-elle expliquer pour une part les comportements des enfants en difficultés ? A travers cette réflexion sur le travail éducatif auprès et autour du père, se pose aussi la question de la place de l’éducateur homme face aux familles qui souffrent de défaillances paternelles dans une profession où les femmes sont majoritaires et qui se féminise de plus en plus. Mon travail va consister dans une première partie à déterminer le rôle du père sous les aspects psychologique et sociologique ainsi que dans le développement de l’enfant. Je dresserai un historique de la paternité, montrerai l’évolution de son rôle des années 1965 à aujourd’hui. Dans une deuxième partie je définirai le rôle de l’éducateur, sa place face à un père « absent », effacé, voir dévalorisé et quel travail éducatif il peut être fait autour du père par rapport aux enfant, la mère, et lui. Une analyse de différentes situations rencontrées sera également faite.

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