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Le complexe d'Oedipe à travers une situation concrète

Le complexe d'Oedipe à travers une situation concrète Faisons tout d’abord un bref rappel du mythe avant de nous attacher au complexe. Le mythe Œdipe est un mythe grec. L’oracle de Delphe avait prédit que le roi de Thèbes, Laïos, serait tué par son fils et que celui-ci épouserait sa propre mère. Lorsque ce fils naquit, sa mère Jocaste, lui perça les chevilles et les lui lia avec une lanière, puis l’abandonna sur le mont Cithéron. Les bergers qui le trouvèrent l’appelèrent Œdipe (pied enflé) et l’amenèrent au roi de Corinthe, Polybos, qui l’éleva comme son propre fils. Un jour, l’oracle de Delphe répéta à Œdipe la prédiction qui le concernait. Celui-ci pour y échapper s’éloigna de Corinthe et de celui qu’il prenait pour son père. En chemin il se querella avec un voyageur inconnu, Laïos, et le tua. En arrivant aux portes de Thèbes, Œdipe affronta le Sphinx qui terrorisait la région. Ayant trouvé la réponse à la fameuse énigme de l’homme, il provoqua la mort du monstre et délivra ainsi le pays. En récompense, il devint la mari de Jocaste dont il eut quatre enfants. Le devin Tirésias finit par révéler au couple la vérité. Jocaste se pendit, Œdipe se creva les yeux et, chassé de Thèbes, erra en mendiant, guidé par sa fille Antigone. Le complexe Freud découvre le complexe d’Œdipe à la faveur de son auto-analyse, un an après la mort de son père en 1896. Il voit dans le mythe d’Œdipe une révélation, mais le terme « complexe d’Œdipe » apparaît plus tard, en 1910 dans « contributions à la psychologie de la vie amoureuse ». Classiquement, l’entrée dans l'œdipe se fait entre 3 et 5 ans, c’est un conflit sexuel à trois (père, mère, enfant) qui s‘inscrit dans le développement libidinal de l’enfant après le stade oral, anal et phallique. Le complexe d'œdipe est considéré comme un conflit maturant extrêmement important et dans lequel réside la clé des névroses. · Chez le garçon La mère représente le premier objet d’amour et d’investissement libidinal. La phase phallique est suivie du complexe de castration. Le pénis se retrouve alors imaginairement en jeu avec soit une menace de castration imaginaire comme sanction par le père dans la rivalité qui oppose l’enfant mâle à son père pour la possession de la mère, soit une castration imaginaire dans le cas d’une identification féminine à la mère dans une position de soumission/séduction homosexuelle passive du père. (la femme étant imaginairement perçue comme castrée). Pour échapper à cette situation, le petit garçon est conduit à renoncer à la satisfaction sexuelle avec l’un ou l’autre de ses parents, chacune des possibilités ainsi évoquées étant soumise à une menace de castration. Par conséquent on peut dire que le garçon sort du complexe d’Œdipe du fait de la menace de castration. Le jeu des identifications conduira au déclin du complexe d’Œdipe, l’enfant constituant sa personnalité de façon composite en empruntant les éléments constitutifs de sa personnalité aussi bien à la mère qu’au père. · Chez la fille Là aussi, la mère représente le premier objet d’amour et d’investissement libidinal. La découverte de la castration pour elle comme pour la mère (sa mère est castrée au niveau imaginaire comme le sont toutes les filles) conduit à plusieurs types de « solutions » : - rejet de la sexualité - rejet de la castration (du destin anatomique) - soit après beaucoup de détours : choix du père comme objet la fille entre par conséquent dans le processus œdipien par la « découverte » de la castration. Le processus est alors le suivant : rejet de la mère comme castrée, désir d’avoir un pénis comme le père, équivalent enfant-pénis, désir d’avoir un pénis/enfant du père. Cette position qui investit le père comme objet d’amour situe alors la mère comme rivale et objet d’identification. Chez la fille, le complexe d’Œdipe ne disparaît jamais tout à fait dit Freud En résumé on peut noter que pour le garçon, le complexe de castration le conduit à mettre fin au complexe d’Œdipe. Il constitue donc, en quelque sorte un point d’aboutissement. Chez la fille au contraire, le complexe de castration constitue une sorte de point de départ. J. Bergeret dans l’ouvrage Psychologie pathologique, définit l’œdipe comme « une problématique relationnelle fondamentale de la dimension sociale, conflictuelle et structurante, historique au sens où elle survient à un moment relativement précoce du développement de chaque individu et où elle confère à l’évolution affectivo-sexuelle de ce dernier et à son pronostic un caractère de quasi-conclusion, universelle, spécifiée enfin par une structure triangulaire entre l’enfant, son objet naturel et le porteur de la loi ». La résolution de l’Œdipe Avec la résolution du complexe d’Œdipe, les choix objectaux (posséder sexuellement un individu) sont remplacés par des identifications. Cela va permettre l’abandon du complexe d’Œdipe qui s’accompagne d’une libération énergétique qui sera investie dans l’acquisition d’un outillage intellectuel et restera prête pour investir de nouveaux objets. J. Bergeret insiste sur le caractère fondateur de l’Œdipe en tant qu’il représente le nœud originel de toutes les relations humaines, sur son rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et dans l’orientation du désir humain (choix de l’objet d’amour définitif, accès à la génitalité, effet sur la constitution du surmoi). Bien que l’on parle de « résolution du complexe d’Œdipe » on en sort en fait jamais. Pour Freud les choix objectaux initiaux survivent et toute conduite ultérieure ne sera qu’une satisfaction substitutive et détournée de l’Œdipe. Tout comme l’aspect agressif qui n’est pas abandonné, mais seulement refoulé. Finalement l’Œdipe est notre première confrontation au « phénomène social » et l’on peut considérer qu’un des effets du complexe d’Œdipe (notamment à travers l’interdiction de l’inceste et l’instauration de la morale) constitue une victoire de l’espèce sur l’individu (Freud, 1924). Le surmoi Le surmoi est défini comme l’héritier du complexe d’Œdipe, il se constitue par intériorisation des exigences et des interdits parentaux. L’enfant renonçant à la satisfaction de ses désirs œdipiens frappés d’interdits, transforme son investissement sur les parents en identification aux parents, il intériorise l’interdiction. « Le surmoi de l’enfant ne se forme pas à l’image des parents, mais bien à l’image du surmoi de ceux-ci ; il s’emplit du même contenu, devient le représentant de la tradition, de tous les jugements de valeur qui subsistent ainsi à travers les générations ». (Freud). « Les fonctions du surmoi sont centrées autour des exigences morales » nous dit J. Bergeret. Le surmoi forme la base de la conscience morale.
Type de fichier: application/pdf
Date de création: 26-01-2018
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